«Plusieurs mesures ne sont qu’annoncées», a déclaré le ministre français des Finances, Dominique Strauss-Kahn, cité par un participant à la réunion mensuelle des Quinze. «Les mesures de redressement doivent être exécutées».
«C’est un encouragement d’un côté, mais une exhortation à se montrer dur d’autre part», a ajouté un diplomate selon lequel les Quinze ont jugé ce programme de convergence ambitieux, mais par irréaliste si l’Italie parvient à maintenir le cap.
Les «grands argentiers» de l’Union européenne ont apporté leur soutien à l’Etat membre qui, avec la Grèce, a la plus mauvaise réputation en matière de gestion de ses finances publiques caractérisées par un endettement et un déficit élevés.
Le chemin parcouru a été jugé très important.
«Il y avait besoin d’un changement en Italie et ce changement est intervenu avec le nouveau gouvernement», a déclaré Nigel Wicks, président du comité monétaire européen, qui rassemble les gouverneurs des banques centrales des Quinze.
Le gouvernement italien estime qu’il lui sera possible de parvenir à un déficit budgétaire de 3,0% du PIB en 1997, soit exactement la limite prévue par le traité de Maastricht pour la participation à la monnaie unique, contre 6,7% en 1996, «un saut impressionnant» selon Dominique Strauss-Kahn.
Incertitudes
L’assainissement se poursuivrait en 1998, avec un déficit de 2,8%, jusqu’à tomber à 1,8% en l’an 2000, malgré une estimation de croissance de 1,2% en 1997 et de 2% en 1998, dont le ministre italien, Carlo Azeglio Ciampi, a vanté le «réalisme».
L’endettement de l’Italie resterait élevé, à 121,1% du PIB en 1998, soit le double du chiffre de référence de 60% fixé dans le traité de Maastricht, mais la tendance est à la baisse.
L’assainissement sera rendu possible par des économies dans le domaine des dépenses sociales, notamment les pensions, dont le volume devrait s’établir au niveau atteint en 1996-97, des transferts en faveur des services publics, des transports et des services postaux ainsi que des administrations locales.
D’autres mesures actuellement en discussion du Parlement italien — réforme du marché du travail et privatisation des entreprises publiques — devraient également permettre d’inscrire cet assainissement dans la durée.
Car c’est effectivement là que le bât blesse, les plus orthodoxes insistant sur le caractère «ponctuel» des mesures italiennes, comme des impôts extraordinaires, qu’il faut remplacer par des mesures structurelles.
«Plusieurs délégations ont souligné qu’il subsistait des incertitudes sur ce point», a expliqué un diplomate.
Les «grands argentiers» ont surtout insisté lundi sur la nécessité de maintenir ce cap malgré les pressions exercées pour un relâchement de l’effort, notamment dans le domaine de la réduction des dépenses sociales et du poids des retraites.
Pour le ministre allemand, Théo Waigel, il faudra «éventuellement d’autres mesures pour assurer la crédibilité du processus et une consolidation budgétaire durable» et le gouvernement italien lui-même s’y est dit prêt.
L’approbation de ce programme de convergence ne vaut donc pas présélection pour la monnaie unique, mais il constitue un signe que l’Italie commence à gagner la confiance de ses partenaires européens. (Reuter).

