«Rocky», le petit engin mobile de la taille d’un four à micro-onde monté sur six roues, devait se stabiliser contre un des rochers qui jonchent le sol de la vallée martienne où la sonde Pathfinder s’est posée vendredi après un voyage interplanétaire de sept mois et 497 millions de km.
Les études de composition de ce roc baptisé «Barnacle Bill» (Bill la Bernache) par les ingénieurs de Pasadena dureront dix heures. Les données recueillies par le spectomètre du Sojourner seront transmises vers la Terre.
Ces premiers résultats devraient donner des éléments de réponse à la communauté scientifique sur les changements qui se sont produits sur Mars et, naturellement, sur le possible développement d’une forme de vie martienne.
Au Jet Propulsion Laboratory de Pasadena, où sont suivies les phases de la mission Pathfinder, Matt Wallace a prévenu que les données recueillies par le robot mobile pourraient ne pas être aussi complètes que voulu en raison du léger angle existant entre «Rocky» et le rocher.
Mais, élément jouant en faveur des scientifiques, la faible épaisseur de la couche de poussière qui recouvre «Bill la Bernache» ne devrait pas altérer outre mesure l’analyse spectrale de la roche.
Les 18 heures qui ont suivi l’«atterrissage» de Pathfinder sur Mars ont été suivies étape par étape dans le monde entier: le déploiement du module d’atterrissage, les premières photographies de qualité exceptionnelle relayées par les médias, les premiers tours de roue du module mobile sur le sol de la planète rouge et, désormais, ses premières études.
D’ores et déjà, le paysage martien photographié par le module d’atterrissage et le robot mobile a confirmé la présence d’eau sur Mars à une période remontant à plusieurs milliards d’années. Tous les accidents du relief martien «traduisent l’action de l’eau», a résumé dimanche Ronald Greeley, l’un des responsables scientifiques du projet.
Des fleuves à la puissance dévastatrice ont visiblement coulé dans la région où Pathfinder s’est posé vendredi.
L’étude de «Bill la Bernache» puis des autres blocs rocheux sélectionnés par les ingénieurs de Pasadena (et tous baptisés d’après des personnages de dessins animés) élargira le champ des connaissances martiennes des humains.
Bien plus que les sondes Vikings des années 1970, la mission du Sojourner, petite merveille de technologie pesant 10 kg pour une longueur de 30 cm, capable de se déplacer sur un terrain accidenté grâce aux trois caméras embarquées qui balaient le sol, ouvre la voie à un programme américain d’exploration de la planète rouge. Ambition ultime, répondre à la question qui taraude exobiologistes, auteurs de science-fiction, rêveurs et sceptiques. Mars a-t-elle abrité la vie? (Reuter)

