«Cela forme un tout, ce n’est pas une hiérarchie» entre ces quatre priorités, a assuré M. Jospin devant le Conseil national, sorte de Parlement du Parti socialiste, au pouvoir en France depuis sa victoire aux élections législatives le 1er juin dernier. Elles sont toutes les «quatre au premier plan de la hiérarchie», a-t-il ajouté.
Pourtant, selon son porte-parole, Manuel Valls, «face au réel, qui porte en lui-même des tensions contradictoires, face à une situation économique et sociale dégradée, face à des rendez-vous importants, le premier ministre sera vraisemblablement amené à hiérarchiser les priorités de l’action».
Selon M. Valls, «la hiérarchie que Lionel Jospin retient est la suivante: l’emploi, la lutte contre les inégalités et pour la justice sociale, la performance économique du pays afin de muscler l’économie, et notre engagement européen qui est pour les socialistes un choix historique et stratégique».
«Ces choix seront faits devant le pays, pas dans le confortable silence des antichambres ministérielles sous la pression de le ne sais quel groupe de pression dans le dos des Français», a clairement expliqué le premier ministre.
Ils seront faits «au sein du gouvernement, avec les groupes de la majorité et avec le Parti socialiste».
«Le succès sera commun et collectif», a assuré Lionel Jospin qui a demandé à son parti «soutien, débat et responsabilité», en souhaitant qu’il n’y ait «pas de spectateurs grognons» de l’action gouvernementale.
Alors que l’aile gauche du PS l’a critiqué sur Vilvorde, le site belge du constructeur automobile français Renault, dont la direction du groupe a annoncé la fermeture, et le pacte de stabilité, M. Jospin a affirmé que les «Français ne comprendraient pas que les socialistes se divisent» et qu’ils n’exercent pas le pouvoir «solidairement».
«Comment convaincre si, face à la droite, fusent de nos rangs les premières critiques, les premières incitations au désenchantement», a précisé le premier ministre en évoquant de nouveau le «raidissement» de la droite et sa «mortelle attraction vers l’extrême droite».
Intervenant jeudi soir sur la chaîne publique de télévision France 2, le premier ministre avait déjà évoqué un «choix» éventuel entre la croissance et l’emploi d’un côté, la lutte contre les déficits pour le passage à la monnaie unique de l’autre. «S’il fallait faire un choix plutôt dans un sens que dans l’autre, les éléments de ce choix, je les présenterais au pays. Par ses réactions, ses indications, il nous aidera à trancher», avait-il dit.
Le premier secrétaire délégué et porte-parole du PS, François Hollande, a pour sa part estimé que les Français «n’imaginent pas qu’on puisse faire en trois jours ce que les autres n’ont pas réussi à faire en quatre ans».
Le Conseil national, qui se tenait à huitclos, est consacré à la préparation du congrès du Parti socialiste, prévu à Brest (Ouest) du 21 au 23 novembre. (AFP)

