«Ce régime se montre à la hauteur de ses responsabilités», a déclaré Nicole Notat, présidente de l’Unedic, au terme du Conseil d’administration, où les réformes ont été votées par tous les partenaires sociaux sauf la CGT.
Elle a souligné que le compromis entre les organisations patronales et syndicales avait permis d’augmenter de 2,2% l’ensemble des prestations versées par les Assedic, soit une hausse de 1,4% du pouvoir d’achat compte tenu d’un taux d’inflation prévu de 0,8%.
La principale question à l’ordre du jour mercredi était l’avenir des fonds sociaux, qui suscitait l’inquiétude de quelques centaines de manifestants massés devant le siège parisien de l’Unedic au cours de l’après-midi.
Les sommes distribuées passeront de 1,2 milliard de FF à 1,4 milliard, «avec plus de transparence, plus d’efficacité et plus de justice qu’auparavant», a assuré Nicole Notat.
Les nouvelles dispositions réduiront les inégalités existant entre les différentes régions pour canaliser les ressources vers les zones les plus touchées par le chômage, a-t-elle expliqué.
Les Assedic de chaque département pourront choisir de continuer de verser les aides sociales directement ou par l’intermédiaire d’autres organismes, y compris des associations. Ces aides servent notamment à la formation, l’aide au reclassement, les aides au transport et au logement des chômeurs.
L’excédent du régime d’assurance-chômage devrait être de 996 millions de FF pour l’année 1997, en nette baisse par rapport à l’année précédente, a également déclaré l’Unedic.
«Alors qu’en 1996, l’excédent d’exploitation s’était inscrit à 10,3 milliards (de FF), en 1997, l’excédent serait réduit à environ un milliard de FF», lit-on dans un document approuvé par le Conseil d’administration de l’Unedic.
Excédent d’un
milliard
«En 1998, si l’hypothèse d’une poursuite de la croissance est bien validée par les faits, le régime d’assurance-chômage connaîtrait un résultat légèrement excédentaire de 250 millions de FF», y lit-on encore.
Selon les «prévisions d’équilibre technique» de l’Unedic, les recettes atteindraient cette année 129,080 milliards et les dépenses 128,084 milliards de FF, soit un résultat de 996 millions de FF. L’excédent cumulé fin 1997 atteindrait 8,855 milliards de FF.
L’Unedic prévoit par ailleurs que le nombre de chômeurs sera supérieur de 15.000 en 1997 par rapport à 1996, mais qu’il pourrait baisser de 60.000 en 1998.
Pendant que les partenaires sociaux se réunissaient, quelques centaines de personnes ont manifesté sous la pluie à l’appel de la CGT et de plusieurs associations de chômeurs. Ils dénonçaient ce qu’ils considéraient comme une menace de «suppression» du fonds social.
«Ce n’est pas un baroud d’honneur», a lancé un responsable de l’Association pour l’emploi, l’information et la solidarité (Apeis) à la foule. «Nous sommes scandalisés par le fait que des décisions comme celles-là se font sans aucune concertation avec les premiers intéressés. Nous nous sommes adressés à toutes les confédérations syndicales et à l’Unedic. Seule la CGT dialogue avec nous», a-t-il déploré.
«Dans notre pays, la majorité des gens réclament de nouvelles formes de démocratie (…) pour simplement vivre, pouvoir manger, avoir un toit. Nous ne voulons pas de ce génocide social et nous ne nous laisserons pas faire», a-t-il ajouté.
«Il ne saurait être question d’accepter la remise en cause des pratiques de solidarité qui avaient prévalu lors de la création du fonds social, qui évite (à beaucoup) de sombrer dans l’exclusion», a dit Jacqueline Lazare, secrétaire confédérale de la CGT, qui a rappelé qu’un chômeur sur deux n’était pas indemnisé.
Le bureau des Assedic du boulevard Picpus, dans le 12e arrondissement de Paris, a été occupé mercredi après-midi par un groupe de chômeurs, qui avaient déjà fait irruption la semaine dernière au Centre d’action sociale de la rue Vic d’Azir, dans le 10e arrondissement. D’autres actions étaient prévues dans plusieurs villes de province.
Lundi, une cinquantaine de chômeurs avaient fait irruption au siège de la CFDT pour interpeller sa secrétaire générale, Nicole Notat, qui est aussi présidente de l’Unedic. Ils avaient été refoulés après un entretien avec Nicole Notat. (Reuter)

