Mais cette décision, loin de mettre un point final à la saga Helmsley qui a défrayé la chronique ces vingt dernières années, pourrait provoquer de nouveaux règlements de compte avec les associés du défunt mari de Leona, Harry Helmsley, et les promoteurs immobiliers de New York désireux de se partager cet immense empire.
«Il y aura beaucoup d’avocats et de banquiers impliqués et sans doute quelques psychiatres», a ironisé David Levinson, responsable d’une société immobilière new-yorkaise.
Harry Helmsley est mort en janvier dernier à 87 ans, laissant son empire à sa veuve Leona, un ancien mannequin devenue agent immobilier qu’il avait épousée en 1972. Elle était de facto aux commandes depuis dix ans, Harry ayant sombré dans la sénilité.
C’est d’ailleurs à sa place qu’elle avait été jugée et condamnée à plus de 8 millions de dollars d’amende et quatre ans de prison en 1992 pour fraude fiscale.
Elle partageait néanmoins les positions de son mari, estimant qu’il n’y a «que les petites gens pour payer des impôts», et faisait passer en frais professionnels les quatre millions de dollars de la rénovation de son manoir de 28 pièces dans le Connecticut (banlieue de New York) comme... ses sous-vêtements à 8 dollars.
Leona, une septuagénaire à qui le bistouri permet de ne pas rendre public son âge exact, ne s’est pas fait que des amis dans le milieu de la promotion immobilière new-yorkais.
Une bataille homérique l’a ainsi opposée en 1995 à Donald Trump pour le contrôle de l’Empire State Building, et ses relations avec les anciens associés de son mari Alvin Schwartz, 85 ans, et Irving Schneider, 77 ans, sont plutôt fraîches.
L’ensemble de son empire est estimé à plus de 3 millions de mètres carrés avec des revenus locatifs annuels de 60 millions de dollars. Il est concentré essentiellement sur New York avec, outre l’Empire State Building, plusieurs douzaines d’immeubles résidentiels et de bureaux, des hôtels et des entrepôts.
Sa décision de vendre tout ou partie de son patrimoine vient à point nommé pour profiter de la vague qui porte actuellement le marché de l’immobiliser à New York, dopé par l’éclatante santé de l’économie américaine.
«Elle a plein d’argent et ce n’est pas une liquidation», a affirmé dans des déclarations au quotidien «New York Times» Benjamin Lambert, chargé par Leona Helmsley de la délicate tâche de trouver des acquéreurs et de négocier au meilleur prix.
Leona gardera sans doute trois des joyaux de son parc immobilier, le Helmsley Park Hotel, où elle vit dans une suite, le Helmsley Park Lane Hotel et le Helmsley Building où elle possède des bureaux. Elle n’a jamais caché son goût pour l’hôtellerie même si les récits d’abus et d’exploitation de ses employés abondent.
Trouver des acquéreurs sera cependant beaucoup plus facile que de s’entendre avec les ex-associés de son mari et démêler l’écheveau de leurs participations croisées. Ils ne feront sans doute rien pour faciliter la vie de Leona, qu’ils passent pour haïr.
Si «la reine des garces», s’est faite plus discrète depuis son passage en prison, finalement réduit à 21 mois après plusieurs remises de peine, le démantèlement de son empire risque toutefois de prendre des années et provoquer de nouveaux éclats qui enrichiront les chroniques de la presse new-yorkaise. (AFP)

