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Actualités - Chronologie

Elargissement à l'est mais pas de rénovation interne L'OTAN limite ses ambitions

L’Alliance atlantique devait s’adapter aux nouvelles réalités issues de la disparition de l’URSS et du démantèlement du Bloc de l’Est. A Madrid, la semaine prochaine, elle se contentera du minimum. A cela, plusieurs raisons: une nouvelle «guerre froide», cette fois entre les Etats-Unis et la France, succédant à la «lune de miel» des deux dernières années, difficulté à réduire le commandement militaire intégré, impossibilité enfin d’obtenir un rééquilibrage des pouvoirs.
Le sommet des 16 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance, les 8 et 9 juillet à Madrid, imaginé initialement com-me devant promouvoir «une nouvelle sécurité en Europe» avec une «nouvelle OTAN», sera en définitive limité à l’élargissement de l’organisation à l’Europe de l’Est.
L’Euphorie ayant accompagné fin mai la conclusion d’un acte fondateur OTAN-Russie, censé établir de nouvelles relations entre les deux anciens ennemis de la guerre froide et atténuer les conséquences pour Moscou de l’absorption par l’OTAN de ses anciens «satellites», a aujourd’hui disparu.
Le choix de nouveaux membres issus d’Europe de l’Est s’est transformé en bras de fer entre Américains, voulant limiter en juillet ce processus à la Pologne, la République tchèque et la Hongrie et certains Européens, France et Italie en tête, désireux d’y ajouter la Roumanie et la Slovénie.
L’issue de ce combat, symbole de la détérioration des relations entre notamment Paris et Washington après la «lune de miel» de fin 1995 - début 1996, liée à un engagement commun en Bosnie et à la décision de la France de se rapprocher de l’OTAN, reste incertaine à une semaine du sommet.
Après des négociations se terminant en décembre par la signature d’un protocole d’adhésion, les alliés espèrent que la ratification parlementaire des 16 pays membres permettra une entrée définitive des heureux élus à l’occasion du 50e anniversaire de la création de l’OTAN, le 4 avril 1999.
Autre point noir: la rénovation interne. Elle ne sera pas achevée pour le sommet de Madrid, les membres continuant de se battre comme «des marchands de tapis», dit un diplomate, pour conserver le plus possible d’infrastructures militaires sur leur territoire.

Eltsine absent

A l’origine, l’objectif que s’étaient assignés les alliés visait à une vaste réduction du commandement militaire intégré, créé au début des années 1950 pour contrer une invasion soviétique potentielle, afin de le rendre plus souple et mieux adapté aux nouvelles menaces.
Des progrès ont été réalisés, mais les membres de l’OTAN n’ont pas réussi à s’entendre sur un projet définitif. «Tout le monde est d’accord pour rénover, personne pour se sacrifier», résume un diplomate.
Liée à cette transformation, l’«européanisation» de l’OTAN, décidée en juin 1996 à Berlin, n’aboutira pas non plus pour le sommet de Madrid.
La France n’a pas obtenu un rééquilibrage conséquent, au profit des Européens, des pouvoirs au sein de l’organisation, qui reste dominée par les Etats-Unis. Elle devrait en conséquence décider dans l’immédiat de se maintenir hors de la structure militaire intégrée.
«Sans les Français, la création d’une identité européenne de défense dans l’OTAN perd son sens», regrettent les alliés européens de Paris, en relevant que des progrès peuvent encore être accomplis dans les deux ans à venir, avant une entrée définitive dans l’Alliance de nouveaux membres.
Pour la première fois, l’OTAN a décidé d’associer à la deuxième journée (9 juillet) de son sommet ses 28 homologues neutres et est-européens, ou leurs représentants, membres du Conseil du partenariat euro-atlantique.
Pour ne pas cautionner l’élargissement, le président russe Boris Eltsine ne viendra pas à Madrid où il sera représenté par un vice-premier ministre.
Lors de la première journée de sa réunion, l’OTAN confirmera sa décision de renforcer le programme de coopération militaire du partenariat pour la paix et proposera aux recalés de l’élargissement de poursuivre un dialogue spécifique, afin de montrer que sa «porte reste ouverte».
Un lot de consolation supplémentaire devrait être offert aux Baltes sous forme d’une coopération renforcée.
Le sommet se penchera enfin sur la Bosnie, permettra d’entériner une intensification des relations entretenues avec six pays de la région méditerranéenne (Egypte, Tunisie, Maroc, Mauritanie, Israël, Jordanie) et donnera lieu à la signature d’une «charte» de coopération avec l’Ukraine. (AFP)
L’Alliance atlantique devait s’adapter aux nouvelles réalités issues de la disparition de l’URSS et du démantèlement du Bloc de l’Est. A Madrid, la semaine prochaine, elle se contentera du minimum. A cela, plusieurs raisons: une nouvelle «guerre froide», cette fois entre les Etats-Unis et la France, succédant à la «lune de miel» des deux dernières années, difficulté à réduire le commandement militaire intégré, impossibilité enfin d’obtenir un rééquilibrage des pouvoirs.Le sommet des 16 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance, les 8 et 9 juillet à Madrid, imaginé initialement com-me devant promouvoir «une nouvelle sécurité en Europe» avec une «nouvelle OTAN», sera en définitive limité à l’élargissement de l’organisation à l’Europe de l’Est.L’Euphorie ayant accompagné fin mai...