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Actualités - Chronologie

Les misères des Gi's dans le désert séoudien

Ce sont les petites choses comme les serpents, les scorpions et la chaleur, qui font de la vie un enfer pour les soldats américains isolés sur une base séoudienne en plein désert.
«Il nous faut un bar», déclare très sérieux le capitaine Scott Lysford de l’U.S. Air force. «Il nous faut de l’alcool».
«C’est une priorité», renchérit son collègue le capitaine Joe McFall.
Les deux pilotes se plaignent des privations sur la base aérienne du prince Sultan, toujours en construction près de Kharj, à une centaine de kilomètres au sud de Ryad.
Les aviateurs américains qui surveillent le ciel irakien y ont été transférés précipitamment après un attentat qui a tué 19 militaires américains le 25 juin 1996 à Dhahran, sur la côte est.
La transition n’a pas été facile. La chaleur, l’isolement et la prohibition de l’alcool sapent le moral.
«Les conditions de vie et de travail sont vraiment hostiles», reconnaît le colonel Larry Chandler, commandant de la logistique sur la base.
Les températures atteignent facilement 48 degrés Celsius en été, épuisant les climatiseurs et multipliant les risques d’insolation et de déshydratation.
Les coupures de courant sont fréquentes, la demande dépassant les capacités des générateurs.
«La chaleur attaque tout. Elle use les pneus, l’équipement, le caoutchouc, les joints et les pompes», dit le colonel Chandler. Et quand les pompes lâchent, il n’y a plus d’eau.
Les Américains, avec deux petits contingents d’aviateurs britanniques et français, habitent dans 700 tentes pendant que les constructions continuent.
Les tentes attirent les souris, qui attirent les cobras, qui ont déjà mordu plusieurs soldats «et il y a aussi des chiens sauvages», poursuit le colonel.
Mais pas de terroristes. L’armée s’est ingéniée à multiplier les obstacles pour les tenir à distance.
Comme l’enfer de Dante, la base est formée de cercles concentriques dont le dernier est réservé aux troupes. Il y a dix kilomètres du campement américain à la première clôture de grillage.

Périmètres d’alertes

Tout visiteur doit franchir trois clôtures et des périmètres d’alertes avec des fusées éclairantes pour parvenir au cantonnement.
Les pistes où les chasseurs F-16 et F-15, les avions ravitailleurs et les lourds transports cuisent au soleil, sont protégées par des blocs de béton.
Seuls les avions français — six Mirage 2000 et trois Mirage F-1 — sont protégés du soleil par des bâches spéciales.
Des caméras montées sur deux miradors surveillent l’horizon. Les détecteurs à infra-rouge et thermiques sont suivis par vacation, 24 heures sur 24. «On peut repérer un homme à six kilomètres de distance», dit le colonel Chandler.
Le dimanche, la routine est rompue par les vendeurs ambulants autorisés à s’installer à l’entrée du campement. Mais ils doivent être fouillés avec leurs marchandises et reniflés par des chiens dressés pour détecter les explosifs.
La meilleure protection de la base reste le désert qui s’étend à perte de vue mais la rend si difficile à vivre.
Les soldats disent que le sentiment d’isolement est encore accru par le peu de contacts avec leur famille: un appel téléphonique de 10 minutes par semaine.
Des négociations de la compagnie américaine ATT pour desservir la base ont échoué sur une redevance de 200.000 dollars par mois que réclamaient les Séoudiens.
Cette exigence n’est pas la seule cause de tension avec le pays hôte. Les Américains qui mijotent sous la tente voient les bâtiments construits pour les militaires séoudiens rester inoccupés.
«Il faut savoir garder les choses en perspective», dit le général Binford Peay, commandant des forces américaines dans le Golfe. «Nous sommes sur leur territoire, nous rencontrons certaines difficultés mais je suis convaincu que les choses vont s’arranger».
Mais pendant une visite dimanche du secrétaire à la Défense William Cohen, un aviateur a laissé échapper dans un soupir: «Comme on serait bien chez soi. Combien de temps allons-nous rester ici»? (AFP)
Ce sont les petites choses comme les serpents, les scorpions et la chaleur, qui font de la vie un enfer pour les soldats américains isolés sur une base séoudienne en plein désert.«Il nous faut un bar», déclare très sérieux le capitaine Scott Lysford de l’U.S. Air force. «Il nous faut de l’alcool».«C’est une priorité», renchérit son collègue le capitaine Joe McFall.Les deux pilotes se plaignent des privations sur la base aérienne du prince Sultan, toujours en construction près de Kharj, à une centaine de kilomètres au sud de Ryad.Les aviateurs américains qui surveillent le ciel irakien y ont été transférés précipitamment après un attentat qui a tué 19 militaires américains le 25 juin 1996 à Dhahran, sur la côte est.La transition n’a pas été facile. La chaleur, l’isolement et la prohibition de...