Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Des archives climatiques de 400.000 ans récoltées dans la glace antarctique

Un forage réalisé par une équipe internationale dans la glace de la station antarctique russe de Vostok a permis d’atteindre la profondeur record de 3.523 mètres, descendant ainsi jusqu’à une couche vieille de plus de 400.000 ans, a-t-on appris à l’Institut français pour la recherche et la technologie polaires (IFRTP), à Brest (ouest).
De mercredi à vendredi, cet institut a accueilli les glaciologues, chercheurs, foreurs et responsables des opérations logistiques russes, américains et français impliqués dans ce programme de forage profond, réunis pour examiner les derniers résultats scientifiques et préparer leur prochaine mission.
En analysant cette glace, les chercheurs sont en mesure de décrire l’évolution du climat et de l’environnement terrestres au cours des millénaires et en tirer des enseignements sur les possibles conséquences de la pollution de l’air par les activités humaines.
«Les glaces antarctiques, résume Dominique Raynaud, directeur du laboratoire de glaciologie et de la géophysique de l’environnement du CNRS, à Grenoble, montrent les fluctuations en ce qui concerne la quantité de gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane…) contenus dans les bulles d’air emprisonnées dans ces glaces».
«Leur taux, explique-t-il, est plus important lorsque le climat se réchauffe, et diminue pendant les périodes plus froides. En revanche, depuis 200 ans, on est complètement sorti du cadre de ces fluctuations en atteignant le double des niveaux les plus élevés jusqu’alors pour le méthane, et plus de 30% pour le gaz carbonique».
Grâce à une coopération nouée avec les ex-Soviétiques, explique-t-on à Brest, les chercheurs français de Grenoble et ceux du Laboratoire de modélisation du climat du CEA, à Saclay, ont pu mettre en évidence, dès les années 1980, l’étroite corrélation entre la température et la quantité de ces gaz au cours des 100.000 dernières années. Le dernier forage a permis de remonter jusqu’à «au moins 400.000 ans», d’après M. Raynaud, voire 600.000 ans, selon des estimations plus optimistes. Mais indépendamment de ce petit désaccord, les scientifiques sont unanimes à admettre qu’on est loin d’avoir tout découvert.
A Vostok, base située sur le plateau antarctique à 3.500 mètres d’altitude, et sur le site le plus inhospitalier de la Terre, avec le record de froid de moins 89 degrés Celsius, l’épaisseur de glace est de 3.740 m. Pour l’heure, les opérations de forage se termineront lors de l’été austral 1997-98 puisqu’il ne reste que 100 à 150 m de glace à «carotter».
Toutefois, par pur hasard, le forage se trouve au-dessus d’un lac de quelque 600 km2 (d’une taille comparable à celle du lac Léman) et profond de plus de 600 m. Sa masse d’eau s’est formée par la fonte des glaces sous l’effet de la chaleur de la Terre, au bout d’un, voire deux millions d’années. Ce lac unique pourrait contenir des formes de vie primitive très intéressantes.
Avec les techniques de forage actuelles, qui utilisent un fluide à base de kérosène pour empêcher la glace de se refermer, les eaux pourraient être contaminées. «Aussi, conclut M. Raynaud, les opérations de forage seront arrêtées cinquante mètres au-dessus de la surface et ne reprendront qu’après la mise au point de techniques non polluantes. Il est donc improbable que l’aventure Vostok ait une suite avant l’an 2000». (AFP)
Un forage réalisé par une équipe internationale dans la glace de la station antarctique russe de Vostok a permis d’atteindre la profondeur record de 3.523 mètres, descendant ainsi jusqu’à une couche vieille de plus de 400.000 ans, a-t-on appris à l’Institut français pour la recherche et la technologie polaires (IFRTP), à Brest (ouest).De mercredi à vendredi, cet institut a accueilli les glaciologues, chercheurs, foreurs et responsables des opérations logistiques russes, américains et français impliqués dans ce programme de forage profond, réunis pour examiner les derniers résultats scientifiques et préparer leur prochaine mission.En analysant cette glace, les chercheurs sont en mesure de décrire l’évolution du climat et de l’environnement terrestres au cours des millénaires et en tirer des enseignements sur...