«Aucune décision n’est prise», a affirmé le conseiller du premier ministre socialiste Lionel Jospin chargé de la communication, Manuel Valls, après la publication de plusieurs informations de presse à ce sujet.
Le quotidien financier britannique «Financial Times» a fait sa «une» jeudi en affirmant que le gouvernement français envisageait de procéder à l’ouverture partielle du capital de France Télécom à l’automne prochain.
Cette information «a été confirmée de sources gouvernementales» françaises, selon le quotidien «Le Monde», publié quelques heures plus tard.
M. Valls a souligné pour sa part devant la presse que «la précipitation, notamment de la part de journaux étrangers, n’est pas de nature à accélérer le processus de décision du gouvernement».
Il y a «une presse libre et attentive mais aussi inventive», a commenté M. Jospin lui-même, lors d’une séance de questions d’actualité au Sénat français.
Dans son discours de politique générale devant l’Assemblée nationale, le 19 juin, M. Jospin avait indiqué qu’il n’était «pas favorable à la privatisation des grandes entreprises publiques en situation de concurrence».
«Pour autant, avait-il aussitôt ajouté, nous savons que des adaptations seront nécessaires pour garder notre rang parmi les nations les plus développées du monde et se rapprocher d’autres partenaires européens».
Dans l’entourage gouvernemental, on laissait entendre ces derniers jours que l’ouverture du capital de France Télécom était possible. Le ministre de l’Economie et des Finances Dominique Strauss-Kahn a déclaré mardi devant les députés socialistes qu’il n’était «pas opposé à l’ouverture du capital de France Télécom».
Selon «Le Monde», les contraintes budgétaires et la nécessité de nouer des coopérations européennes dans le domaine des télécommunications ont «convaincu les experts gouvernementaux de proposer à l’arbitrage du premier ministre une ouverture rapide du capital» de France Télécom, l’Etat conservant, selon la loi adoptée par l’ancienne majorité de droite, un minimum de 51% de l’entreprise.
La vente d’une partie du capital de France Télécom pourrait faire rentrer dans les caisses de l’Etat jusqu’à 50 milliards de francs (8,6 milliards de dollars), une manne que le gouvernement du gaulliste Alain Juppé prévoyait d’affecter aux dotations en capital des autres entreprises publiques, et qui pourrait contribuer au respect par la France des critères de Maastricht pour l’instauration de la monnaie unique.
Selon le quotidien économique français Les Echos, différents scénarios seraient envisagés, «notamment celui d’un échange de participation avec Deutsche Telekom».

