S’adressant au Parlement après les récents sommets de l’Union européenne et du Groupe des Sept pays les plus industrialisés, il a souligné que le nouveau traité d’Amsterdam allait dans le sens d’un lancement dans les temps de la monnaie unique.
«Je suis convaincu que nous lancerons l’euro comme prévu, à la date du 1er janvier 1999 et conformément aux critères de Maastricht», a-t-il déclaré selon le texte de son discours communiqué à l’avance.
«Le sommet d’Amsterdam a adressé un signal clair — l’euro arrive», a ajouté le chef du gouvernement allemand.
L’UEM est nécessaire pour que les pays européens, et particulièrement l’Allemagne, maintiennent leur compétitivité dans l’économie mondiale, a-t-il fait valoir.
«Ceux qui veulent retarder le lancement de l’euro doivent savoir qu’il pourrait en résulter un report définitif. Nous ne pouvons nous le permettre», a-t-il lancé à l’encontre des détracteurs de la monnaie unique.
L’abandon de l’UEM, a souligné le chancelier, aurait des conséquences graves pour l’emploi et les exportations en Allemagne ainsi que pour l’intégration européenne en général.
«Un échec de l’euro serait chèrement payé, a-t-il dit. Nous estimons, comme les gouvernements britannique et français, comme tous nos partenaires européens, que la stabilité des prix et la stabilité budgétaire forment ensemble les bases indispensables d’une croissance durable permettant de créer des emplois».
La veille, Paris, par la voix du ministre des Finances Dominique Strauss-Kahn, avait pour la première fois reconnu que la France afficherait cette année un déficit supérieur à 3,0% du produit intérieur brut en France, l’un des critères retenus pour pouvoir prétendre à la monnaie unique.
Bonn ne veut pas
d’euro faible
Le traité signé au récent sommet européen d’Amsterdam assure que l’UEM aboutira à une monnaie stable, a affirmé pour sa part le ministre allemand des Finances, Theo Waigel.
«Il n’y aura pas d’euro faible. Nous ne permettrons pas un assouplissement des critères de Maastricht», a-t-il déclaré au Parlement.
Par leurs récentes déclarations, le premier ministre français Lionel Jospin et son ministre des Finances Dominique Strauss-Kahn ont montré qu’ils s’engageaient à respecter les critères budgétaires, a-t-il assuré, sans faire allusions aux déclarations de jeudi de Dominique Strauss-Kahn.
De son côté, Reimut Jochimsen, membre du conseil de la Bundesbank, a estimé que l’Allemagne aurait du mal à satisfaire au critère du traité de Maastricht sur le déficit budgétaire et plus encore à celui sur la dette publique.
Le pacte de stabilité conçu pour assurer une poursuite de la discipline budgétaire après l’entrée en vigueur de l’euro est menacé par des pays moins attachés à la stabilité, a encore estimé ce «faucon» de la Banque centrale allemande.
Reimut Jochimsen a exprimé des doutes sur l’engagement de la France concernant la stabilité de l’euro.
«Il y a un sentiment croissant que la France ne veut et ne peut» respecter l’engagement d’une stabilité durable, a-t-il constaté en critiquant les ajouts sur l’emploi apportés au Pacte de stabilité au conseil d’Amsterdam à la mi-juin.
Rappelant que l’ancien président de la Commission européenne Jacques Delors avait qualifié l’UEM d’expérience sociale, il a ajouté: «Au vu des tensions et des fondations politiques et économiques toujours inappropriées, (ces ajouts) pourraient faire plus de mal que de bien au processus d’intégration européenne».
S’écartant du texte de son discours, il a souligné que cela pourrait aboutir «potentiellement à la catastrophe d’une désintégration».

