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Actualités - Chronologie

Son altesse Denys 1er, roi... municipal

Plus de deux mille personnes ont assisté à l’Anse-Saint-Jean au Québec au couronnement de son Altesse municipale Denys 1er, proclamé roi en janvier dernier à la suite d’un référendum visant à établir, pour convenances économiques, une monarchie dans cette commune de 1.300 habitants.
En début d’après-midi, les cloches de la petite église dans un joyeux carillon ont célébré la benédiction divine du roi, point d’orgue d’une cérémonie religieuse inspirée des plus pures traditions monarchiques.
De la couronne en peau d’ours à l’épée pacifiste à deux manches, Denys 1er, cérémonieux dans un habit de protocole taillé pour l’occasion, s’est vu remettre toute une panoplie de joyaux, d’une valeur totale de 18.000 dollars canadiens (12.960 dollars américains), qui symbolisent son autorité.
La foule massée sur le parvis a acclamé, parfois dans les rires, parfois dans l’émotion, celui censé incarner physiquement le «projet de développement économique permanent» adopté par la municipalité de l’Anse-Saint-Jean.
Agé de 46 ans et professeur d’art à l’université de Chicoutimi, Denys Tremblay avait réussi à convaincre 72,9% des Anjeannois que l’instauration d’une monarchie municipale dans cette petite commune, dévastée par des inondations en juillet 1996, encouragerait le tourisme et aiderait à récolter des fonds pour la réalisation d’une grande fresque environnementale. Le 21 janvier, anniversaire de la décapitation de Louis XVI, M. Tremblay était devenu Denys 1er de l’Anse.
Le scepticisme des premiers mois a depuis fait place à l’optimisme, selon la municipalité. Le «royaume souverain uni légalement au Canada et au Québec» suscite de plus en plus l’engouement des Anjeannois et un petit brasseur de la région a même commercialisé une bière spéciale, «La Royale», tandis qu’un investisseur se propose de construire un palais pour sa majesté.
«Cette monarchie permet aussi de dépasser le clivage politique canadien», a déclaré Denys 1er, «les Anjeannois pouvant se réclamer à la fois de la monarchie constitutionnelle chère aux fédéralistes canadiens et de la souveraineté que revendique une moitié de Québécois».
Son Altesse municipale souhaite pouvoir accueillir sur ses terres la souveraine, la reine Elizabeth II. Son représentant au Canada, le gouverneur général Roméo LeBlanc, a d’aileurs déjà rencontré Denys 1er. «Je ne suis qu’un roi municipal, je ne menace personne, même si notre projet dérange parfois. Moi, j’invite tous les rois et reines du monde a passer par un référendum et on comparera nos résultats», a poursuivi le monarque, avec un large sourire.
Le royaume de 528 km2 espère aussi recevoir dans un futur proche quelques têtes couronnées, avec lesquelles son ambassadeur en France, le baron Georges Savarin de Morestan, descendant du marquis de Montcalm, a déjà pris contact. «La plupart des monarchies régnantes ont montré leur intérêt», a affirmé le baron. «Mais venir au couronnement de Denys 1er aurait signifié reconnaître officiellement le royaume, ce qui sans l’accord d’Ottawa aurait pu créer des incidents diplomatiques».
La royauté anjeannoise aura elle aussi bientôt ses ducs, comtes et autres titres de barons, que les sujets de Denys 1er pourront gagner... à la loterie dans les prochains mois! (AFP)
Plus de deux mille personnes ont assisté à l’Anse-Saint-Jean au Québec au couronnement de son Altesse municipale Denys 1er, proclamé roi en janvier dernier à la suite d’un référendum visant à établir, pour convenances économiques, une monarchie dans cette commune de 1.300 habitants.En début d’après-midi, les cloches de la petite église dans un joyeux carillon ont célébré la benédiction divine du roi, point d’orgue d’une cérémonie religieuse inspirée des plus pures traditions monarchiques.De la couronne en peau d’ours à l’épée pacifiste à deux manches, Denys 1er, cérémonieux dans un habit de protocole taillé pour l’occasion, s’est vu remettre toute une panoplie de joyaux, d’une valeur totale de 18.000 dollars canadiens (12.960 dollars américains), qui symbolisent son autorité.La foule...