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Actualités - Chronologie

Une excision à 500 millions de dollars (photo)

Un avocat égyptien a réclamé 500 millions de dollars de dommages-intérêts à CNN pour avoir diffusé, il y a trois ans, un reportage sur l’excision d’une fillette, alors que se tenait au Caire la conférence de l’ONU sur la population.
Le verdict sera prononcé le 30 août, a indiqué le juge du tribunal du Caire chargé des compensations, M. Alaeddine Abbas. L’affaire traîne devant la justice égyptienne depuis le 5 novembre 1994.
D’autres tribunaux du Caire doivent par ailleurs rendre leurs jugements dans deux procès intentés par des islamistes contre les ministres de la Santé et de l’Education, accusés d’avoir pris des mesures pour restreindre l’excision.
Un avocat égyptien, Me Moustapha Achoub, avait engagé des poursuites en 1994 contre la chaîne de télévision américaine et une journaliste indépendante égyptienne, Nevine Yahia, auteur du reportage.
Il réclame à chacun d’eux 250 millions de dollars pour avoir «terni» l’image de l’Egypte et causé des préjudices à la fille excisée, Naglaa Fathi, aujourd’hui âgée de 13 ans.

Affaire de
«dignité»

«Ce film est un coup de couteau dans le dos de l’Egypte car ses habitants ont été présentés comme des barbares. Mon objectif est de défendre la dignité du peuple et des dirigeants égyptiens, dont la réputation a été entachée», a affirmé M. Achoub.
Le reportage montrait des images insoutenables d’un barbier pratiquant une excision avec un rasoir. En Egypte, 97% des femmes ont subi l’ablation du clitoris et des petites lèvres vers l’âge de 10 ans, et des dizaines de fillettes meurent chaque année sous le rasoir des barbiers.
Les partisans de cette pratique la justifient par des «raisons de propreté» et l’estiment nécessaire pour «calmer le désir des femmes», avant le mariage.
«Les Américains viennent de réduire l’aide à l’Egypte (pour l’accorder à la Jordanie). Nous allons la récupérer», a-t-il dit, affirmant avoir l’intention de donner les dommages-intérêts réclamés à un fonds de protection de l’enfance et de lutte contre la désertification géré par Mme Suzanne Moubarak, l’épouse du chef d’Etat.
Le ministre égyptien de la Santé Ismaïl Sallam a interdit en juillet 1996 l’excision dans les hôpitaux publics, et des intégristes ont porté plainte contre lui et contre le ministre de l’Education, Husein Kamel Bahaeddine.
Ils demandent à ce dernier l’annulation de deux paragraphes figurant dans des manuels scolaires, qualifiant l’excision de «coutume nocive».
Le Conseil d’Etat égyptien, la plus haute instance juridique administrative, avait estimé en mai que l’excision était licite même si l’islam ne la rendait pas obligatoire.

«Ça m’embête»

Les avocats de CNN et de Nevine Yahia ont récusé les accusations. «CNN n’a rien fait de mal. Le réalisateur a fait son travail conformément à la loi. Personne n’a été lésé et le père de la fille avait donné son accord», a déclaré Me Sayed Ammar.
Naglaa Fathi était âgée de 10 ans quand son père avait demandé à un barbier de l’exciser sans anesthésie alors que des hommes lui écartaient les jambes.
Trois ans plus tard, la fillette vêtue d’une longue jupe noire et d’un T-shirt assiste l’air effarouché à l’audience dans la salle bondée.
«Ça m’embête d’être ici car cela me rappelle ce qui s’est passé. A cette époque, je ne savais pas que les choses tourneraient de cette façon», dit-elle.
Son père, Fathi Hamza, un fonctionnaire à la retraite du ministère de la Justice, affirme que «cela a été stupide» de laisser CNN filmer l’excision.
L’excision est considérée en Egypte comme heureux événement au même titre que les fiançailles ou le mariage. (AFP)
Un avocat égyptien a réclamé 500 millions de dollars de dommages-intérêts à CNN pour avoir diffusé, il y a trois ans, un reportage sur l’excision d’une fillette, alors que se tenait au Caire la conférence de l’ONU sur la population.Le verdict sera prononcé le 30 août, a indiqué le juge du tribunal du Caire chargé des compensations, M. Alaeddine Abbas. L’affaire traîne devant la justice égyptienne depuis le 5 novembre 1994.D’autres tribunaux du Caire doivent par ailleurs rendre leurs jugements dans deux procès intentés par des islamistes contre les ministres de la Santé et de l’Education, accusés d’avoir pris des mesures pour restreindre l’excision.Un avocat égyptien, Me Moustapha Achoub, avait engagé des poursuites en 1994 contre la chaîne de télévision américaine et une journaliste indépendante...