Malgré sa résistance initiale, Londres s’est finalement incliné devant Pékin au terme de longues négociations, en acceptant que 509 militaires équipés d’armes légères et 39 véhicules pénètrent à Hong-Kong le soir de la rétrocession à 21h00 (13h00 GMT), rapporte l’agence chinoise Xinhua.
L’accord désamorce l’un des derniers incidents diplomatiques qui ont marqué les relations sino-britanniques à quelques jours du transfert de souveraineté.
«Cela prouve que la Grande-Bretagne n’a plus de carte à jouer contre la Chine à Hong Kong. La Grande-Bretagne a dû faire face à la réalité», a souligné un analyste diplomatique proche des négociations.
De son côté, un porte-parole du gouvernement de Hong Kong s’est déclaré confiant que le transfert des responsabilités de défense entre les deux forces armées se déroulerait en douceur.
La Chine n’a donné aucune précision sur le nombre de militaires qu’elle compte laisser stationnés à Hong Kong. Ils étaient environ 10.000 militaires dans la colonie au plus fort de l’autorité britannique.
Nombreux sont ceux qui, parmi les 6,4 millions de résidents de Hong Kong, redoutent la présence sur leur territoire l’Armée populaire de libération. Les souvenirs traumatisants de la manière dont cette même armée a écrasé en juin 1989 la manifestation pacifique des étudiants sur la place Tiananmen sont vivaces.
La répression avait incité un million de manifestants à descendre dans les rues de Hong Kong, et avait donné naissance sur le territoire à un mouvement de défense de la démocratie.
Une avant-garde de 196 militaires non armés, dont le gouverneur de Hong Kong, Chris Patten, a loué l’attitude irréprochable, est déjà sur place pour organiser la logistique en prévision de l’arrivée du reste des troupes.
Les responsables chinois voulaient renforcer cette avant-garde avant le transfert officiel de souveraineté à la Chine, afin d’assurer la sécurité du président chinois Jiang Zemin, qui assistera aux célébrations du 30 juin.
A une semaine du transfert de souveraineté, l’index Hang Seng a enregistré un nouveau record, signe de la confiance débordante dont témoigne le monde des affaires à l’approche de l’événement historique. (Reuter)

