«Tout le monde est d’accord pour payer pour une voiture, mais personne ne veut payer pour les routes», souligne Bob Prohaska, un des chercheurs de l’Université de Berkeley travaillant à la mise au point des prototypes.
Le projet mené par PATH (Partners for Advanced Transit and Highway) devrait permettre de tripler le débit des voies existantes.
Prohaska et ses collègues lancent déjà leurs voitures à plus de 100 km/h dans des slaloms serrés entre des cones oranges, sans en renverser un seul et en levant les mains au-dessus de leur tête pour bien montrer qu’ils n’y sont pour rien.
Pour le professeur Pravain Varaiya, responsable du programme, l’ordinateur a le double avantage sur l’humain de réagir plus vite et de pouvoir effectuer des opérations extrêmement complexes.
«Les conducteurs humains ont un délai de réaction de 0,5 à 2 secondes», explique-t-il. «Un véhicule lancé à 25 mètres par seconde (80 km/h environ) parcourera de 15 à 50 mètres avant que le conducteur ne réagisse. Un ordinateur pourrait réduire ce délai de réaction à 0,05 seconde», soit 50 millisecondes.
Mais, ajoute le Pr Varaiya, «les conducteurs humains ont un avantage incommensurable sur les ordinateurs, à savoir leur capacité cognitive à évaluer l’environnement complexe dans lequel ils évoluent».
Par exemple, poursuit le professeur, «nous ralentissons lorsque nous voyons les voyants rouge de freinage s’allumer sur un véhicule quatre ou cinq voitures devant nous. Cette anticipation compense dans la plupart des cas notre lenteur de réaction».
Des radars, fixés sous le capot, permettent de les maintenir à distance constante. La voiture de tête informe les autres en permanence de ce qu’elle fait. La fréquence des messages (50 par secondes) permet d’éliminer les erreurs.
Pour contrôler le mouvement latéral des voitures, la voie d’autoroute est équipée d’aimants enfoncés tous les mètres au milieu de la chaussée. Des capteurs montés sur les véhicules suivent les pointillés magnétiques.
Les deux types de contrôle, latéral et longitudinal, sont réalisés par deux ordinateurs placés dans le coffre arrière, installés de façon à résister aux secousses.
Les constructeurs automobiles s’efforcent déjà d’équiper leurs véhicules de systèmes de guidage sophistiqués. L’Allemand Mercedes Benz vient ainsi de montrer un prototype capable de se connecter en permanence avec Internet, mais aussi avec un réseau satellitaire qui suit sa position et l’informe des conditions de circulation.

