Mettant en avant les spécificités et les structures gazières de chaque pays, M. Bergmann a affirmé que le marché du gaz naturel en Europe doit s’ouvrir à la concurrence autant que possible mais doit garder les moyens d’assurer la sécurité de ses approvisionnements à long terme.
«Nous avons besoin d’autant de concurrence qu’il est possible et d’autant de sécurité à long terme qu’il est nécessaire. Il serait désastreux de changer les structures de cette industrie en ignorant ces données de base», a-t-il déclaré en évoquant les négociations en cours à Bruxelles sur la directive européenne en vue de libéraliser le marché du gaz naturel.
Le très libéral patron de Ruhrgas a plaidé pour le maintien des contrats à long terme «take-or-pay», seuls capables d’assurer, selon lui, les financements colossaux sur vingt ou trente ans des projets gaziers.
Cette conception, défendue par l’Allemagne à Bruxelles, se rapproche de celle de la France et des autres pays européens importateurs de gaz mais s’oppose à celle des Anglo-saxons et des pays producteurs, comme la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas.
Le président de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Robert Priddle, a résumé la conception britannique en estimant que «la libéralisation du marché doit être aussi complète que possible».
Selon lui, la libre concurrence n’est pas une menace pour la sécurité d’approvisionnement des pays. Elle fera au contraire baisser les prix, a-t-il estimé, et les contrats à long terme disparaîtront au profit d’un nouveau marché à court terme.
«Il n’y a aucune raison de penser que les forces du marché libre offrent une sécurité d’approvisionnement moins élevée», a-t-il affirmé.

