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Actualités - Chronologie

L'Argentive aux prises avec une crise sociale sans précédent

BUENOS AIRES, 13 Juin (AFP). — Une crise sociale sans précédent qui couvait depuis plusieurs mois en Argentine a éclaté au grand jour où plusieurs provinces sont entrées dans un cycle manifestation-répression contre des dizaines de milliers de chômeurs.
Jamais dans son histoire, la fracture n’avait été aussi marquée en Argentine entre une situation économique stabilisée, incitant les entreprises étrangères a investir, et une crise sociale qui touche de plein fouet plus du tiers des douze millions de salariés.
L’Argentine connaît en effet depuis près d’un an un taux de chômage record de 17,3%, une pauvreté extrême touchant plus de 1,5 million de personnes dans «une situation critique», selon les chiffres officiels, et un taux de chômage record de 50% de la main-d’œuvre active dans certaines provinces. Cela débouche en général sur de violents affrontements avec les forces de l’ordre, pratiquant une répression inhabituelle depuis le retour de la démocratie, selon les observateurs, qui ont fait un mort et 300 blessés depuis le début du mois de mai.
Dans le même temps, l’insécurité et la criminalité atteignent elles aussi des taux records alors que se multiplient les affaires de corruption mettant en cause des responsables politiques et policiers de premier plan et portant sur des dizaines de millions de dollars.
Selon les dernières statistiques officielles du mois de mai du secrétariat d’Etat à la Sécurité sociale, 72,4% des salariés argentins gagnent moins de 1.000 dollars par mois, dont 42,6% moins de 500 dollars par mois, dans le pays le plus cher d’Amérique latine, notamment en raison de la parité dollar-peso.

Salariés «au noir»

Par ailleurs, selon les mêmes sources, près de trois millions de salariés sont employés «au noir» avec des salaires inférieurs de 40% et ne bénéficient d’aucune couverture sociale. Sur une population en principe active de 12 millions de personnes, il existe aujourd’hui en Argentine quatre millions de chômeurs et de sous-occupés, un million de salariés ayant des contrats à temps partiel et trois millions qui sont payés «au noir». Enfin, le dernier rapport du ministère du Travail précise que la statistique estimant à 1.429.000 les chômeurs en «situation critique» ne prenait pas en compte la situation des retraités, dont la majorité ne perçoivent plus leur retraite, ni celle des jeunes à la recherche d’un premier emploi.
Cette crise sociale, soulignent les observateurs politiques, est la conséquence directe de la politique de privatisation, les nouveaux dirigeants devant procéder à des licenciements massifs pour éclaircir une surpopulation due au clientélisme électoral, cher au péronisme. Par ailleurs, le désengagement de l’Etat central qui a entraîné un réajustement souvent brutal de la politique économique des gouvernements provinciaux a encore accru la crise.
Devant cette situation, la Confédération générale des travailleurs (CGT — syndicat officiel) a pris ses distances avec le pouvoir néo-libéral, dont elle avait été jusqu’à présent le fidèle relai. Même l’Eglise, pourtant une des dernières en Argentine à avoir fait son mea culpa après les exactions de la dictature militaire, dénonce «l’insensibilité sociale», «le manque de dialogue» et ses responsables égratignent régulièrement le pouvoir.
Pour désamorcer cette situation explosive en cette année électorale — des législatives partielles sont prévues en octobre — le président Menem, après avoir dénoncé dans un premier temps «l’action d’agitateurs et de subversifs», a désormais demandé à ses ministres d’aller sur le terrain.
Mais aujourd’hui, la profonde crise sociale affecte toute l’Argentine, de la Patagonie aux provinces pré-andines du nord, en passant par les grands centres urbains de Buenos Aires et Cordoba. «Désormais, nous n’avons plus rien à perdre et la violence est souvent le dernier recours du désespoir», reconnaît un chômeur du nord, qui avoue «douter des bienfaits de la démocratie».
BUENOS AIRES, 13 Juin (AFP). — Une crise sociale sans précédent qui couvait depuis plusieurs mois en Argentine a éclaté au grand jour où plusieurs provinces sont entrées dans un cycle manifestation-répression contre des dizaines de milliers de chômeurs.Jamais dans son histoire, la fracture n’avait été aussi marquée en Argentine entre une situation économique stabilisée, incitant les entreprises étrangères a investir, et une crise sociale qui touche de plein fouet plus du tiers des douze millions de salariés.L’Argentine connaît en effet depuis près d’un an un taux de chômage record de 17,3%, une pauvreté extrême touchant plus de 1,5 million de personnes dans «une situation critique», selon les chiffres officiels, et un taux de chômage record de 50% de la main-d’œuvre active dans certaines provinces....