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Actualités - Chronologie

Turquie : Yilmaz propose une coalition à Ciller

ANKARA, 22 Juin (AFP). — Le nouveau premier ministre turc, Mesut Yilmaz, a proposé à sa rivale conservatrice Tansu Ciller de faire partie du gouvernement de coalition qu’il dirigera, bien que Mme Ciller ait exclu toute coopération avec lui.
«Je propose un partenariat de coalition au Parti de la Juste Voie (DYP, droite), le parti de Mme Ciller», a déclaré M. Yilmaz lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à l’issue d’une réunion de son parti, le Parti de la Mère Patrie (Anap, droite).
Le chef de gouvernement désigné ne dispose en effet pas d’une majorité à l’assemblée et a impérativement besoin du soutien de Mme Ciller — qu’il espère rencontrer mardi — ou de la défection d’une dizaine de députés du DYP.
M. Yilmaz a été préféré par le président Suleyman Demirel à Mme Ciller, coupable de s’être allié avec les islamistes du premier ministre sortant Necmettin Erbakan, que la puissante armée turque ne veut plus voir au pouvoir.
«Nous sommes dans une situation délicate et nous devons oublier les tensions et les frictions passées et unir nos forces pour sauver le régime», a ajouté Mesut Yilmaz, proposant «un gouvernement de réconciliation à base élargie».
M. Yilmaz, dont le parti dispose de 129 députés sur un total de 550, ne peut en effet compter, avec l’apport de petits partis, que sur 266 voix à l’assemblée. Il lui faut donc impérativement rallier une dizaine de députés pour remporter le vote de confiance et n’être pas vulnérable à la moindre motion de censure.
Mais Mme Ciller ne l’entend pas de cette oreille et a encore réitéré devant des militants du DYP que son parti n’avait «aucun objectif commun» avec celui de nouveau premier ministre.
Elle a par ailleurs dénoncé la manœuvre consistant à nommer un chef de gouvernement «qui ne dispose pas de majorité», destinéee selon elle à «diviser» le DYP et «encourager le transfert de députés par des moyens immoraux».
La nomination de M. Yilmaz est un coup dur pour Mme Ciller, qui était candidate à ce poste aux termes d’un accord avec M. Erbakan qui leur aurait permis de poursuivre leur coalition en échangeant leurs fonctions.
En démissionnant mercredi, M. Erbakan avait ainsi demandé au chef de l’Etat de le remplacer par Mme Ciller, l’assurant d’une majorité théorique d’environ 282 députés avec le Refah, le parti islamiste du premier ministre sortant, le DYP et un petit parti religieux d’extrême-droite, le BBP.
Mais M. Demirel a préféré charger M. Yilmaz de «former un gouvernement susceptible de supprimer la tension qui prévaut dans le pays», allusion au bras de fer qui dure depuis quatre mois entre les islamistes et l’armée, qui a fait craindre la possibilité d’un coup d’Etat.
L’armée «a certainement joué un rôle dans la nomination de M. Yilmaz», souligne ainsi un analyste, proche des forces armées.
«Les commandants militaires ont clairement indiqué qu’ils veulent voir les islamistes hors du gouvernement. Ils en veulent également à Ciller pour avoir permis l’arrivée au pouvoir des islamistes», ajoute cet expert.
M. Erbakan était devenu le premier chef de gouvernement islamiste de la Turquie moderne en juin 1996, après avoir conclu une alliance avec Mme Ciller.
ANKARA, 22 Juin (AFP). — Le nouveau premier ministre turc, Mesut Yilmaz, a proposé à sa rivale conservatrice Tansu Ciller de faire partie du gouvernement de coalition qu’il dirigera, bien que Mme Ciller ait exclu toute coopération avec lui.«Je propose un partenariat de coalition au Parti de la Juste Voie (DYP, droite), le parti de Mme Ciller», a déclaré M. Yilmaz lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à l’issue d’une réunion de son parti, le Parti de la Mère Patrie (Anap, droite).Le chef de gouvernement désigné ne dispose en effet pas d’une majorité à l’assemblée et a impérativement besoin du soutien de Mme Ciller — qu’il espère rencontrer mardi — ou de la défection d’une dizaine de députés du DYP.M. Yilmaz a été préféré par le président Suleyman Demirel à Mme Ciller, coupable...