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Actualités - Chronologie

Le Kremlin vend aux enchères ses premières berlines étrangères (photo)

MOSCOU, 20 Juin (AFP). — Le Kremlin a mis en vente vendredi pour la première fois sept berlines étrangères sur les centaines qu’il a décidé de bannir de ses garages au profit de modèles de fabrication nationale, lors d’enchères qui ont drainé 20 fois plus de journalistes que d’acheteurs.
Fin mars, le sémillant premier vice-premier ministre Boris Nemtsov avait fait de la vente des voitures étrangères de l’administration un symbole de la renaissance annoncée de la production russe.
Le gouvernement allait à nouveau commander des «Volgas» — la voiture typique du fonctionnaire à l’époque soviétique, fabriquée dans la région d’origine de M. Nemtsov — et encourager les usines automobiles russes, avait-il assuré.
Vendredi, près de trois mois plus tard, une Saab 9000, la Chevrolet Lumina du médecin personnel du premier ministre Viktor Tchernomyrdine et cinq Audi A6 noires aux vitres teintées de l’administration présidentielle ont été mises aux enchères dans la banlieue de Moscou, en même temps qu’une cinquantaine de voitures et motos proposées par le négociant automobile Avtogarant.
Depuis l’ordre présidentiel, une seule Volga a été achetée, a reconnu Guennadi Martianov, l’adjoint de l’ingénieur-en-chef de l’administration présidentielle qui assistait à la vente. Ce dernier s’est dit néanmoins convaincu de la supériorité des Volga, qui, même si leur technologie a 10 ans de retard, sont «seules adaptées» aux impitoyables routes russes, selon lui.
Parmi les véhicules présentés vendredi ne figurait aucune voiture de «star». Les Mercedes de l’ancien ministre de la Défense Pavel Gratchev, qui avait une réputation si entachée de corruption qu’il avait été surnommé «Pacha-Mercedes», n’étaient pas là, bien qu’elles aient été annoncées.
La voiture la plus remarquée était l’Audi ayant servi au ministre de la CEI Aman Touleev, dont tout le côté droit avait été enfoncé dans un accident.
Témoin des prix très élevés des voitures étrangères en Russie — en raison de droits de douane exorbitants — elle s’est quand même vendue 10.000 dollars. Une autre Audi non accidentée a été enlevée par un concessionnaire pour 20.000 dollars.
Mais ces maigres résultats et les railleries qui ont accompagné l’initiative de M. Nemtsov ne semblent pas avoir entamé la conviction de ce dernier, descendu d’une Volga noire pour serrer la main de la quinzaine d’acheteurs potentiels, qu’il a eu du mal à repérer au milieu de la foule de quelque 300 journalistes.
«Il n’est pas juste que l’argent des contribuables enrichisse les firmes automobiles allemandes», a expliqué le ministre. «Il vaut mieux verser ces sommes à nos producteurs, quand on sait que la vente de quelques voitures seulement nourrit des centaines de personnes et que les salaires ne sont pas payés».
Le très populaire ministre a par ailleurs démenti les affirmations de la presse russe selon lesquelles les hauts-fonctionnaires allaient exiger des producteurs russes des voitures avec tant d’options qu’elles coûteraient plus cher que les étrangères.
Il a également assuré que la vente aux enchères de vendredi n’était que la première d’une série et que 177 voitures gouvernementales étrangères seraient vendues en 1997, en attendant la liquidation du parc sous trois ans.
Les quelques négociants professionnels venus assister à cette première vente restaient sceptiques. Ils ont souligné que seules deux des sept voitures gouvernementales étaient de qualité, les autres ayant «trop roulé».
«Les bonnes voitures, ils se les gardent», a ironisé un négociant automobile, Boris Labanov.
Pourtant, même si le gouvernement ne tient pas parole, les ventes de voitures d’occasion aux enchères — inédites en Russie jusqu’à vendredi — pourraient connaître le succès.
«C’est l’idéal pour savoir quel prix l’acheteur est prêt à payer, et c’est exactement ce qu’on ne sait pas toujours bien faire en Russie», a déclaré M. Labanov.
MOSCOU, 20 Juin (AFP). — Le Kremlin a mis en vente vendredi pour la première fois sept berlines étrangères sur les centaines qu’il a décidé de bannir de ses garages au profit de modèles de fabrication nationale, lors d’enchères qui ont drainé 20 fois plus de journalistes que d’acheteurs.Fin mars, le sémillant premier vice-premier ministre Boris Nemtsov avait fait de la vente des voitures étrangères de l’administration un symbole de la renaissance annoncée de la production russe.Le gouvernement allait à nouveau commander des «Volgas» — la voiture typique du fonctionnaire à l’époque soviétique, fabriquée dans la région d’origine de M. Nemtsov — et encourager les usines automobiles russes, avait-il assuré.Vendredi, près de trois mois plus tard, une Saab 9000, la Chevrolet Lumina du médecin personnel...