Ces propositions sont contenues dans un projet de résolution très ferme soumis jeudi aux 15 membres du Conseil de Sécurité.
Le texte appelle notamment les Etats membres de l’ONU à «empêcher sans délai l’entrée sur leur territoire» de responsables du gouvernement irakien et de membres des forces armées irakiennes, ainsi que de leurs familles.
Le projet a été élaboré après que Rolf Ekeus, chef de la Commission spéciale de l’ONU pour le désarmement irakien (UNSCOM) eut jugé que la mauvaise volonté irakienne risquait de remettre en cause la paix dans la région, rappelant que les autorités irakiennes avaient empêché la semaine dernière trois inspections de l’ONU. M. Ekeus avait demandé au Conseil de Sécurité «une réaction ferme» contre l’Irak.
Des membres de la délégation irakienne aux Nations Unies ont réagi avec colère à l’annonce de ce projet qui a déjà suscité des objections de la part de la Chine, membre permanent du Conseil.
Un porte-parole chinois, Chen Ranfeng, a qualifié la résolution de «réaction disproportionnée» aux questions soulevées par M. Ekeus.
D’autres délégations ont appelé au retrait des paragraphes sur l’interdiction d’entrée proposée contre les responsables irakiens. La Russie a également indiqué qu’elle relevait des problèmes.
«Il est amusant que ceux qui ont des problèmes avec le texte soient ceux qui ont les plus grands intérêts commerciaux en Irak», a ironisé un diplomate occidental, à propos de la division du Conseil de Sécurité au sujet de l’Irak.
L’ambassadeur britannique Sir John Weston a pour sa part indiqué que son pays co-parrainerait probablement le projet qui devait faire l’objet d’un débat jeudi au Conseil.
Les Etats-Unis insistent pour que le texte soit voté avant la fin de la semaine.
«Les Irakiens ne jouent pas franc jeu» à propos des inspections, a déclaré M. Weston. «Notre patience a ses limites. Donc il faut que le Conseil réponde promptement et vigoureusement», a-t-il dit.
Si le projet de résolution était adopté avant la semaine prochaine, comme la délégation américaine le souhaite, le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz pourrait en être la première victime, ont relevé des diplomates.
Tarek Aziz doit en effet prendre la parole lors du deuxième Sommet de la Terre sur l’environnement, qui se tient du 23 au 27 juin aux Nations Unies à New York. En cas d’adoption de la résolution, il se verrait refuser un visa d’entrée aux Etats-Unis.
Le chargé d’affaires irakien Saeed Hassan a estimé que le projet était «une démonstration de l’arrogance américaine qui révèle le projet caché des Etats-Unis envers l’Irak. Cette nouvelle série de sanctions contre l’Irak n’a aucune raison».
L’Irak et les inspecteurs de l’ONU se sont engagés depuis quelques jours dans une escalade verbale, Tarek Aziz accusant ainsi M. Ekeus jeudi à Amman d’avoir menti et présenté au Conseil de Sécurité «des faits fabriqués de toutes pièces».
Selon les résolutions de l’ONU, l’embargo international sur le pétrole irakien décrété en 1990 à la suite de l’invasion du Koweit ne peut être levé si l’UNSCOM ne certifie pas que Bagdad s’est plié aux résolutions exigeant l’élimination de toutes ses armes de destruction de masse.


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