Dénomination de la cité sportive : la polémique s'envenime
le 20 juin 1997 à 00h00
Décidément, rien, dans ce pays, n’échappe à la politisation. Même le nom d’un stade est prétexte à des polémiques sans fin. «Cité sportive Camille Chamoun» ou «Cité sportive de Beyrouth»? La République entière se mobilise sur une question de dénomination. Les partisans de la deuxième appellation justifient leur choix en soutenant que le stade a été complètement détruit pendant la guerre et que sa reconstruction ne rappelle en rien l’ancien. Quant à ceux qui refusent catégoriquement de modifier le nom de la Cité, ils estiment notamment — M. Boutros Harb dixit — qu’un changement de nom serait «une insulte à notre histoire». Notons enfin que le leader du Parti national libéral, M. Dory Chamoun, tiendra aujourd’hui une conférence de presse à ce sujet. Pour en revenir au député de Batroun, celui-ci a affirmé que «toute atteinte aux symboles (du pays) constitue en fait une atteinte à l’authenticité et à l’histoire de la nation, un manque de respect pour les morts». «Nul ne peut nier que Camille Chamoun fut un des héros de l’indépendance du Liban. Nul ne peut nier aussi l’œuvre politique du président Chamoun», a-t-il dit avant de poursuivre: «C’est là une offense à tous les Libanais quelle que soit l’opinion que l’on se fait au sujet de la personne». Sur le plan pratique, M. Harb a mis en garde contre toute tentative de changer l’appellation de la Cité sportive, soulignant dans ce cadre sa détermination, «avec d’autres, à s’opposer à une telle mesure qui serait une insulte à notre histoire». Par ailleurs, après un entretien avec le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, l’ancien ministre Michel Samaha a déclaré à ce sujet: «Camille Chamoun était président de la République. Il est décédé alors qu’il était ministre au sein du gouvernement libanais. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être sélectifs, et nous devons surtout nous décider: allons-nous faire le procès du passé ou nous tourner vers l’avenir? Si nous choisissons la première option, nous devrions ouvrir tous les dossiers; en revanche, a-t-il ajouté, si nous voulons nous réconcilier dans le cadre du document d’entente nationale et appliquer l’Exhortation apostolique comme tout le monde le dit, nous devons envisager l’avenir avec espérance».
Décidément, rien, dans ce pays, n’échappe à la politisation. Même le nom d’un stade est prétexte à des polémiques sans fin. «Cité sportive Camille Chamoun» ou «Cité sportive de Beyrouth»? La République entière se mobilise sur une question de dénomination. Les partisans de la deuxième appellation justifient leur choix en soutenant que le stade a été complètement détruit pendant la guerre et que sa reconstruction ne rappelle en rien l’ancien. Quant à ceux qui refusent catégoriquement de modifier le nom de la Cité, ils estiment notamment — M. Boutros Harb dixit — qu’un changement de nom serait «une insulte à notre histoire». Notons enfin que le leader du Parti national libéral, M. Dory Chamoun, tiendra aujourd’hui une conférence de presse à ce sujet.Pour en revenir au député de Batroun,...
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