Une dizaine de manifestants ont marché sur la caserne du centre de Hong-Kong abritant la garnison chinoise pour protester contre ce qu’ils appellent un abus de pouvoir de la part de l’APL avant la date fatidique du 1er juillet.
Andrew To, membre du Parti démocrate qui conduisait la manifestation, a remis au représentant militaire britannique une pétition destinée à l’APL.
«Cela crée un très mauvais précédent pour l’armée chinoise, a-t-il dit. Ils disposent, semble-t-il, de privilèges qui ne leur permettent pas de respecter la législation de Hong-Kong».
Rassurer
L’affaire devrait être aussi évoquée par le Conseil législatif (Legco, élu démocratiquement mais qui disparaîtra le 1er juillet au profit d’une assemblée désignée par Pékin). La commission de sécurité du Legco devrait se réunir vendredi à cet effet.
Selon la presse locale, les 200 hommes de l’avant-garde de l’armée chinoise déployée à Hong-Kong jouiraient d’avantages spéciaux douaniers à la frontière — ce qui augurerait mal pour l’avenir.
Pékin, dont le leitmotiv est de rassurer à tout prix, s’est, pour sa part, rapidement employé à désamorcer l’affaire en la minimisant.
Selon un responsable chinois, il est faux d’affirmer que le général Zhou Borong aurait «passé un savon» aux douaniers qui l’avaient arrêté à la frontière.
Un problème
de traduction
L’incident, d’après l’agence Chine nouvelle, qui cite un responsable chinois du groupe de liaison sino-britannique chargé de superviser la transition, proviendrait d’un malentendu découlant d’un simple problème de traduction.
L’affaire risque néanmoins de ternir un peu plus l’image de l’APL sur le «Rocher» dont les habitants n’ont pas oublié sa répression féroce des émeutes de la place Tienanmen, à Pékin, en juin 1989.
La Chine, qui souhaite ne pas faire de vagues diplomatiques et dépêchera le jour J ses plus hauts dirigeants à Hong-Kong, risque d’être irritée par toute menace de troubles pour les cérémonies de rétrocession du territoire après 156 ans de colonisation britannique.
Le régime communiste s’emploie avant tout à rassurer les 6,4 millions de Hongkongais ainsi que les investisseurs occidentaux en répétant à l’envi que le principe «une nation, deux systèmes» sera strictement respecté dans la future «Région administrative spéciale» après le 1er juillet.

