«On est loin d’avoir créé les conditions de sécurité durables qui permettraient aux réfugiés de rentrer chez eux», remarque Amnesty International à propos du sort des dizaines de milliers de réfugiés en provenance de l’ex-Yougoslavie.
Le recours à la notion de «protection temporaire» que certains Etats ont mis en avant en 1996 pour justifier le renvoi chez eux de milliers de réfugiés, à l’exemple de l’Allemagne, représente «un tournant décisif dans la protection des réfugiés», remarque Amnesty.
Il «est probable que d’autres gouvernements européens vont commencer à renvoyer dans leur pays les réfugiés bosniaques, bien qu’à l’évidence les conditions de sécurité durables qui permettraient leur retour n’existent pas encore», estime ce rapport.
Ainsi, en Bosnie-Herzégovine, «les personnes déplacées et les réfugiés souhaitant rentrer chez eux en ont souvent été empêchés soit parce que leur maison avait été endommagée ou démolie», souligne Amnesty. Des dizaines de prisonniers d’opinion ont également été détenus pendant des semaines ou des mois en raison de leur appartenance nationale, ajoute ce rapport.
En Yougoslavie, la police a eu fréquemment recours à la torture et aux mauvais traitements, les «victimes étant pour la plupart des membres de la communauté albanaise».
En Albanie, au mois de mai 1996, plusieurs centaines de militants de l’opposition ont été arrêtés par la police et nombre d’entre eux maltraités, voire torturés, selon Amnesty.
Des objecteurs de conscience continuent d’être emprisonnés en Russie tandis que des recours à la torture et aux mauvais traitements en détention ont été rapportés.
La torture demeure une «pratique répandue» dans les postes de police en Turquie où au moins 11 personnes sont mortes l’an dernier des suites de sévices, dénonce Amnesty.
De nombreux Kurdes sont morts dans le sud-est du pays dans des circonstances qui laissent penser qu’ils ont été exécutés, selon ce rapport. Les groupes armés d’opposition se sont rendus «responsables de plus d’une quarantaine d’homicides», ajoute Amnesty.
En Allemagne, de nouveaux cas de brutalité policière contre les étrangers ont été signalés. Selon un rapport officiel, ils ne constituent pas «quelques cas isolés». Amnesty International rappelle être parvenu à la même conclusion dans un rapport publié en 1995 et qui avait été rejeté par les autorités allemandes.
En France, des cas de brutalités policières ont été dénoncés alors que les enquêtes sur ce type d’affaire «traînent généralement en longueur», selon Amnesty.


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