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Actualités - Chronologie

Les chantiers des grands travaux en souffrance

AMSTERDAM, 17 Juin (Reuter). —Le financement européen des grands travaux d’infrastructure, que la France a tenté en vain de sortir des cartons, constitue une pomme de discorde entre Européens depuis que l’idée en a été lancée en 1993.
Le premier ministre français Lionel Jospin a relancé le débat dès son arrivée au pouvoir il y a une semaine en estimant que la construction européenne devait être réorientée vers la création d’emplois, mais il s’est jusqu’à présent heurté au même refus des Allemands et de leurs alliés.
Si la France n’abandonne pas la bataille, elle a toutefois admis qu’elle n’avait pas — encore? — fait bouger Bonn.
«Les grands travaux existent, ce qui existe avec plus de difficulté c’est leur financement», a déclaré Catherine Colonna, porte-parole du président Jacques Chirac. «Il faut situer les choses dans la durée», a-t-elle relativisé.
C’est Jacques Delors qui, lorsqu’il était président de la Commission européenne, avait proposé dans son «Livre blanc pour la croissance et l’emploi» adopté en 1993 par les dirigeants européens de lancer des grands travaux d’infrastructures pour améliorer la compétitivité du marché unique européen.
Il estimait ainsi que l’UE devait être dotée de réseaux transeuropéens de transports, d’énergie et de télécommunications pour un coût total de 500 milliards d’écus sur une vingtaine d’années, dont l’essentiel aurait été financé par le privé.
Il jugeait un financement européen indispensable pour amorcer la pompe, notamment en mobilisant tous les fonds d’aide actuels ainsi que la Banque européenne d’investissement (BEI).
Il était — et reste — jusque-là suivi par tous les dirigeants européens, mais un groupe de pays, emmenés par l’Allemagne, s’est toujours opposé à son idée de lancer un grand emprunt européen pour financer le solde soit, selon Jacques Delors en 1993, 48 milliards d’écus, jusqu’à la fin du siècle.
Pour Bonn, l’endettement n’est pas un bon moyen de financer des grands travaux alors que, pour Jacques Delors, il était normal que ce soient ceux qui utiliseront les infrastructures — la prochaine génération — qui paient leur coût.
En juin 1994, les dirigeants européens ont sélectionné 15 projets prioritaires dans le domaine des transports — autoroutes, aéroports, TGV — mais, faute de financement adéquat, rares sont ceux qui ont vraiment pris leur envol.
Les opposants à un financement européen affirment que c’est la conjoncture qui est responsable de la paralysie, les investisseurs privés ne se bousculent pas au portillon.
Ses partisans soulignent au contraire qu’il convient d’amorcer la pompe lorsque le secteur privé fait défaut.
Plusieurs tentatives ont été faites pour ressusciter le dossier et chaque sommet confie rituellement aux ministres des Finances des Quinze le soin de sortir le dossier de l’impasse, ce qui sera fait une nouvelle fois à Amsterdam.
Tout aussi rituellement, un groupe d’une demi-douzaine de pays — dont la France faisait jusqu’à très récemment partie — a toujours torpillé ces tentatives.
Même si la France a changé de position sur ce dossier, l’Allemagne y reste solidement opposée.
«Je ne pense rien de bon de l’idée d’essayer de dépenser deux fois le même argent», a répété vendredi dernier le chancelier Helmut Kohl lors du sommet franco-allemand.
«Il n’est pas réaliste de penser que l’on puisse obtenir cela maintenant», a dit un des premiers ministres.
AMSTERDAM, 17 Juin (Reuter). —Le financement européen des grands travaux d’infrastructure, que la France a tenté en vain de sortir des cartons, constitue une pomme de discorde entre Européens depuis que l’idée en a été lancée en 1993.Le premier ministre français Lionel Jospin a relancé le débat dès son arrivée au pouvoir il y a une semaine en estimant que la construction européenne devait être réorientée vers la création d’emplois, mais il s’est jusqu’à présent heurté au même refus des Allemands et de leurs alliés.Si la France n’abandonne pas la bataille, elle a toutefois admis qu’elle n’avait pas — encore? — fait bouger Bonn.«Les grands travaux existent, ce qui existe avec plus de difficulté c’est leur financement», a déclaré Catherine Colonna, porte-parole du président Jacques Chirac....