WELLINGTON (Nouvelle-Zélande), 16 Juin (AFP). – L’archipel de Tuvalu dans le Pacifique réalise 10% de son budget national avec le téléphone rose, a révélé son premier ministre Bikenibeu Paeniu.
La nouvelle a fait choqué ce pays, dont la devise est «Tuvalu pour Dieu», a-t-il expliqué.
«Je peux vous dire que cela va devenir une question morale pour nous, une très grosse question morale», a-t-il ajouté.
Des publicités pour des numéros de téléphone érotique accessibles en composant l’indicatif «688» de Tuvalu sont visibles dans des revues en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Japon.
Pour disposer du droit d’utiliser ces lignes, les prestataires de services érotiques par téléphone ont payé, 1,2 million de dollars l’an dernier. Ils devraient verser quelque 2 millions de dollars cette année, soit 10% du budget du pays.
«Le volume des appels est énorme et ne cesse de croître», a expliqué le premier ministre.
M. Paeniu, de retour aux affaires depuis décembre dernier, a indiqué que Tuvalu n’était pas seul dans la course aux communications érotiques. La Papouasie Nouvelle-Guinée, les îles Solomon, Vanuatu et Niue disposent du même genre de revenus.
Tuvalu, ex-îles Ellice, archipel anciennement sous protectorat britannique, devenu indépendant en 1978, est l’un des plus petits Etats du monde (26 kilomètres carrés). Situé dans le centre de l’océan Pacifique, il a une population de 9.900 habitants, de forte tradition chrétienne.
«Si c’est vrai, c’est la chose la plus dégradante qui est jamais arrivée à Tuvalu», a déclaré Rosette Alefaio, chef de la Ekalesia Kelisiano, la plus grande communauté chrétienne du pays au magazine Island Business.
«Tuvalu est un pays chrétien et les choses dont on fait la publicité n’existent pas et n’existeront jamais à Tuvalu», a ajouté Rosette Alefaio.

