Depuis cet exploit, le football tunisien n’avait plus fait parler de lui à l’échelle planétaire. En 1996, l’équipe de Tunisie, désormais conduite par l’entraîneur franco-polonais Henri Kasperczak, atteignait cependant la finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), montrant qu’elle était redevenue l’une des formations les plus performantes d’Afrique.
Dimanche au Caire, la Tunisie a de nouveau été projetée sur la scène footballistique mondiale après avoir fait match nul contre l’Egypte (0-0), assurant ainsi sa qualification pour le Mondial français. Ironie de l’histoire, le 11 décembre 1977 déjà, la Tunisie s’était qualifiée pour l’Argentine en battant... l’Egypte, par 4 buts à un.
«Cette victoire a consacré le rêve de toute une génération». Cette affirmation à la une du journal La Presse, l’un des principaux quotidiens tunisois en langue française, est révélatrice de l’état d’esprit du pays.
Toute une génération, mais aussi toute une nation, où le football, sport numéro un, est depuis longtemps un véritable phénomène de société, attendait en effet cette qualification avec impatience.
Les aficionados tunisiens pouvaient certes continuer de s’intéresser aux prouesses de leurs favoris en championnat de Tunisie ou en coupes d’Afrique.
Transistors et postes de télévision, le son monté au maximum, ils auraient ainsi pu se contenter, semaine après semaine, dans les échoppes de Nabeul ou dans les souks de Tunis, de suivre les exploits de l’Espérance de Tunis ou de l’Etoile sportive du Sahel. Sans parler du football étranger, dont les rencontres, de la Juve, du Milan AC ou du Paris Saint-Germain, retransmises par antennes paraboliques, sont regardées par tous.
Mais la consécration mondiale, juste aboutissement d’un sport en constant progrès, leur manquait. C’est chose faite depuis dimanche. Pour La Presse, «la Tunisie est désormais fière de compter parmi l’élite».
Pour le journal Le Temps, cette qualification est «l’aboutissement logique d’un cycle de travail d’une rare qualité mené sous la conduite de Kasperczak». Un travail qualifié «d’inlassable» par l’intéressé, engagé en 1994 pour rebâtir l’équipe, éliminée de la CAN-94 qui se jouait chez elle, et la qualifier pour le Mondial-98.

