Le montant des investissements consentis par les entreprises étrangères a bondi d’une année sur l’autre de 369,7 milliards de yen à 770,7 mds de yen (6,2 milliards de dollars), a annoncé le ministère des Finances, en soulignant là qu’il s’agissait d’un niveau record dans l’histoire du pays.
Le nombre de décisions d’investissement a progressé dans des proportions beaucoup plus modestes, passant de 1.272 cas à 1.304 cas, a ajouté le MoF.
L’accroissement de 25% à 33,4% de la participation de Ford dans Mazda a représenté à lui seul un investissement de 52,3 milliards de yen, selon les chiffres de l’époque. Autre opération spectaculaire: l’achat d’un terrain situé dans le centre de Tokyo par une compagnie immobilière de Singapour.
Le principal investisseur étranger au Japon reste les Etats-Unis, mais la force récente du yen a ramené leur part à 31% du total (47,9% un an plus tôt). Suivent Singapour, grâce à cette unique opération immobilière (13,9% du total), les Pays-Bas (10,4%), l’Allemagne (6,2%) et la Grande-Bretagne (5,3%).
La France, pour sa part, se situait au 10e rang parmi les investisseurs étrangers au Japon, avec 10,5 mds de yen (85 millions de dollars), soit 1,4% du total. L’année précédente, les entreprises françaises avaient consacré 11,3 mds de yen à leurs investissements au Japon, soit 3,1% du total.
Dans l’autre sens, les investissements directs du Japon à l’étranger on poursuivi leur progression des années précédentes, sans toutefois retrouver encore tout à fait les niveaux records des années de la «bulle financière».
Les 2.501 décisions d’investissements notifiées au MoF l’an dernier (— 13%) portaient sur un montant total de 5.409,4 mds de yen (43,6 milliards de dollars). La hausse est de 9% par rapport à l’année précédente.
L’écart entre investissement étranger au Japon et investissement japonais à l’étranger est ainsi ramené de 1 à 7, contre 1 à 13 l’année précédente.
Les Etats-Unis restent de loin le pays d’accueil préféré des capitaux japonais, avec 2.478,9 mds de yen d’investissements (+13%). Les USA captaient ainsi 45,8% des investissements nippons, contre 44,1% un an plus tôt.
Loin derrière, la Grande-Bretagne a conforté son rang de deuxième bénéficiaire de la manne japonaise, avec 387,3 mds de yen. Sa part de l’investissement nippon progresse à 7,2%, contre 6,7% l’année précédente.
Viennent ensuite la Chine, avec 5,2% du total (contre 8,7% l’année précédente), l’Indonésie, avec 5,0% (contre 3,1%), Hong Kong, avec 3,1% (contre 2,2%) et la Thaïlande, avec 2,9% (contre 2,4%). L’Inde et le Vietnam ont fait leur apparition parmi les pays significatifs pour l’investissement nippon, avec un bond de 97% et 86% sur l’année écoulée, a ajouté le MoF.
La France, qui se situait au 6e rang il y a deux ans (avec 156,1 mds de yen d’investissement), est tombée au 20e (avec 56,6 mds de yen).
De source française, on souligne qu’il s’agit d’un retour à un niveau plus normal après une année 1994/95 record. Certaines banques japonaises avaient en effet alors dû recapitaliser des filiales qui s’étaient brûlé les doigts sur le marché immobilier. Ces sommes sont comptabilisées comme des investissements par les autorités japonaises, explique-t-on de même source.

