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Actualités - Chronologie

Un milliardaire à l'assemblée (photo)

ALGER, 8 Juin (AFP). — Milliardaire le plus célèbre d’Algérie, Djilali Mehri, a mené depuis son palais au cœur d’une palmeraie d’El Oued (300 kilomètres au sud-est) une campagne de notable soutenue par les islamistes modérés qui l’a propulsé, sans coup férir, à l’Assemblée.
M. Mehri, un homme d’affaires pressé de 60 ans, savourait discrètement sa victoire dans un chalet du «Club des pins», une résidence au bord de la mer, près d’Alger, strictement surveillée par l’armée et réservée aux hautes personnalités.
«Il n’y a qu’une seule liste d’indépendants qui ait réussi à avoir trois sièges, c’est la mienne», a expliqué cet homme à la haute stature, en costume, confortablement calé dans son fauteuil au milieu d’un décor sans ostentation pour un amateur de luxe.
Mais Alger n’est qu’un point de passage, comme Paris, d’où Djilali Mehri dirige depuis des années une partie de ses affaires, très diversifiées.
Son vrai refuge se niche dans les dunes d’El Oued, là où il est né, dans une famille de 17 frères et sœurs.
C’est là que cet homme aujourd’hui père de six enfants, marié à 16 ans, a commencé à bâtir une fortune dont il refuse, avec un sourire, de révéler le montant. C’est là qu’il a fait surgir de l’erg, au prix de travaux pharaoniques, un somptueux palais au milieu de plantations irriguées, une «insulte à la Révolution», avait lâché l’ascétique président Houari Boumédienne, de passage.
Djilali Mehri a commencé dans le négoce des chameaux, des pneus, avant d’aborder l’hôtellerie et le commerce international, avec des achats de plantations de café, d’une concession de diamants au Brésil.
Au début des années 80, il fonde à Luxembourg avec des amis arabes le GIMMO (Groupe d’investisseurs du Maghreb et du Moyen-Orient). En 1984, alors que Chaffoteaux et Maury, le fleuron français du chauffe-eau et de la chaudière à gaz menace de déposer son bilan, M. Mehri reprend le groupe.

Nombreux projets de
développement

En Algérie, M. Mehri est présent dans l’immobilier, l’artisanat, le commerce, l’hôtellerie à Oran (ouest), l’agriculture, notamment avec une ferme de 16.000 ha à Ouargla, l’industrie avec une usine d’embouteillage pour Pepsi-Cola, en cours de construction.
Ses projets sont nombreux: développer une industrie de transformation, de la datte en alcool et en aliment pour bétail, créer une banque du Sud, une compagnie d’assurances.
Durant la campagne, il a promis d’œuvrer au développement d’une région pauvre et désertique à laquelle il est viscéralement attaché. Il explique que plusieurs partis l’avaient sollicité pour être tête de liste.
Finalement, il a fait campagne avec une liste intégrant des membres du Mouvement de la société pour la paix (MSP, ex-Hamas). «Je n’ai aucun avantage matériel à titre de cette élection», explique-t-il.
Il a joué sans complexe de sa richesse et de son carnet d’adresses international. Ses plaquettes le montraient aux côtés de François Mitterrand, Jacques Chirac, Rafic Hariri.
Pour cet homme qui s’affirme «novice en politique», l’économie «est la clef de tout». Djilali Mehri plaide pour une libéralisation plus poussée d’une économie qui recèle d’énormes potentialités, par exemple dans le commerce ou le tourisme, mais un tourisme qui respecterait la personnalité des Algériens. «La violence est encore là, peut-être pour trois ou quatre ans encore», estime Djilali Mehri. «Mais c’est maintenant qu’il faut lancer les projets».
Cette élection est aussi une revanche. Déjà candidat, il avait subi comme tant d’autres la vague du Front islamique du salut (FIS-dissous), surnommé alors le «Parti de Dieu».
«Les gens disaient: nous aimons bien Djilali Mehri, mais nous votons FIS. Dieu ne pardonne pas, Mehri oui...», se rappelle le milliardaire aujourd’hui député.
ALGER, 8 Juin (AFP). — Milliardaire le plus célèbre d’Algérie, Djilali Mehri, a mené depuis son palais au cœur d’une palmeraie d’El Oued (300 kilomètres au sud-est) une campagne de notable soutenue par les islamistes modérés qui l’a propulsé, sans coup férir, à l’Assemblée.M. Mehri, un homme d’affaires pressé de 60 ans, savourait discrètement sa victoire dans un chalet du «Club des pins», une résidence au bord de la mer, près d’Alger, strictement surveillée par l’armée et réservée aux hautes personnalités.«Il n’y a qu’une seule liste d’indépendants qui ait réussi à avoir trois sièges, c’est la mienne», a expliqué cet homme à la haute stature, en costume, confortablement calé dans son fauteuil au milieu d’un décor sans ostentation pour un amateur de luxe.Mais Alger n’est...