Le taux de croissance allemande s’est ralenti à 1,4% au premier trimestre 1997 après 1,9% au dernier trimestre 1996 et 2,3% au troisième, a annoncé jeudi l’Office fédéral de la statistique.
Par rapport au trimestre précédent, le Produit intérieur brut (PIB) allemand a progressé de 0,5%, chiffre arrondi au demi-point de pourcentage, après avoir été stable au quatrième trimestre 1996.
Jeudi, le journal «Berliner Zeitung» a rapporté que le nombre de chômeurs, en données non corrigées des variations saisonnières, avait chuté de 90.000 en mai pour atteindre 4,25 millions de demandeurs d’emploi.
Le journal populaire Bild a pour sa part annoncé que ce nombre, en données non corrigées, avait chuté de 91.000 en mai à 4,255 millions, citant les chiffres de l’Office fédéral du travail, qui seront rendus publics vendredi.
Les services de l’Office du travail n’étaient pas immédiatement disponibles pour commenter ces données.
Interrogé sur le chiffre de la croissance allemande, le ministre des Finances, Theo Waigel, a estimé que «les derniers indicateurs sont plus positifs mais malheureusement n’ont pas encore d’impact sur le marché du travail».
Chômage et baisse des
recettes fiscales
L’Allemagne souffre d’une baisse des recettes fiscales en 1996 qui, alliée à un important taux de chômage, pourrait l’empêcher de se qualifier à l’UEM, prévue en 1999.
Entre autres critères, le déficit budgétaire des pays candidats à la première vague de l’UEM ne peut dépasser les 3% du PIB.
Theo Waigel, qui a constamment répété que l’Allemagne atteindrait cet objectif, est au cœur d’une controverse pour sa décision de forcer la Bundes bank, la banque centrale allemande, à réévaluer ses réserves d’or pour pallier une partie du manque à gagner des recettes fiscales.
Le ministre des Finances a fondé ses prévisions en matière de déficit budgétaire sur la base d’une croissance de 2,5% pour l’année 1997.
Les spécialistes estiment que cette morosité économique est largement due au comportement des consommateurs qui, inquiets du nombre record de chômeurs, répugnent à dépenser.
L’investissement, second pilier de l’économie, pâtit de cette faible demande et ne soutient pas la croissance.
Seuls les exportations, dopés par la baisse du mark, ont pu soutenir la croissance au cours des derniers mois.
Toutefois, certains estiment que ce ralentissement ne suffit pas à enterrer la participation de l’Allemagne à la première vague de l’UEM.
Pour d’autres, cette progression de 0,5% du PIB pour le premier trimestre donne un meilleur aperçu du potentiel économique allemand.
«En fonction de la composition du PIB, la croissance pourrait être un peu plus forte (...) ce qui pourrait être positif pour les revenus fiscaux», a estimé Sonja Gibbs, économiste à Nomura International, à Londres.

