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Actualités - Chronologie

Les économistes attendent les premières mesures pour se prononcer

PARIS, 5 Juin (Reuter). — A l’annonce de la liste des ministres du gouvernement de Lionel Jospin, les économistes ont salué généralement la nomination de Dominique Strauss-Kahn à la tête de Bercy et estimé que les marchés devraient bien accueillir ce gouvernement. Ils attendent les premières mesures économiques pour se prononcer plus au fond et s’interrogent sur le respect des critères de Maastricht.
— DOMINIQUE BARBET, responsable de la recherche à Paribas, de Paribas Capital Market.
«Les communistes n’ont pas grand poids dans le gouvernement. L’important c’est que les postes-clés économiques soient dans des mains sûres, ce qui paraît le cas. Avec un gouvernement comme ça, il n’y a pas de raison que les marchés baissent. Le marché obligataire, qui a baissé aujourd’hui, devrait repartir à la hausse et le Pibor continuer de monter. La prochaine étape sont les premières mesures du gouvernement et la déclaration de politique générale de Jospin».
JACQUES CHAHINE, de Jacques Chahine Finance.
«Dominique Strauss-Kahn va apporter la touche de réalisme à ce gouvernement.»
—HUGUES DE MONTVALON, économiste, Oddo et Cie .
«Le fait que Martine Aubry, ministre de l’Emploi et de la Solidarité, soit aussi le numéro deux du gouvernement montre à quel point Jospin est décidé à tenir ses promesses.
«Le ministre de l’Emploi prend ainsi le pas sur le ministre de l’Economie et des Finances. C’est un renversement total du libéral-dirigisme de ces dix dernières années.
«La variable d’ajustement (de l’économie) ne sera plus l’emploi, mais ce pourrait être le déficit, ou la monnaie.
«Il semble que l’on peut d’ores et déjà oublier le critère du déficit ( de 3% du PIB défini par le traité de Maastricht).»
IAIN LINDSAY, analyste obligataire, Crédit Lyonnais.
«Les marchés n’ont pas encore réalisé qui sont les nouveaux ministres. La liste des membres de son gouvernement ne donne guère d’indications sur la politique que mettra en œuvre le gouvernement Jospin.
«Dominique Strauss-Kahn est un socialiste solide, qui devrait rassurer les marchés. Il n’est pas du genre à prendre trop de risques.»
PHILIPPE WEBER (Cie parisienne de Réescompte)
«Pas de surprise de taille dans ce gouvernement. Sur la partie économique, il est globalement conforme aux attentes et dominé par deux figures, Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn qui sont des «pragmatiques», ce qui devrait plaire aux marchés, tout comme Christian Sautter, un économiste connu, qui a été secrétaire général adjoint de l’Elysée sous Mitterrand.
«La présence d’Hubert Védrine au Quai d’Orsay avec Pierre Moscovici, un proche de Jospin, aux Affaires européenns, est le signe que l’engagement pro-européen de ce gouvernement ne sera pas moindre que celui du précédent.
«Les non-résidents s’inquiéteront peut-être de la présence de ministres communistes, mais leurs portefeuilles sont très techniques et Charles Fitermann s’était plutôt bien tiré d’affaires à celui des Transports en 1981.»
JEAN BORJEIX (bureau d’étude de la société de Bourse Pinatton).
«La composition du gouvernement ne devrait pas avoir d’impact sur le marché. Le plus important c’est qu’il n’y a pas de ministre communiste aux Finances. Le marché savait qu’il y aurait des ministres communistes au gouvernement, s’il avait dû réagir à ce sujet, il l’aurait fait avant.
«Les communistes n’ont pas de postes-clés.
«La nomination de Strauss-Kahn était elle aussi dans le marché. C’est quelqu’un de modéré.
«La vraie question est de savoir comment le gouvernement va faire ses choix entre ce qu’il a promis à l’intérieur et ce que l’extérieur, donc l’Europe, exige de lui. Les deux sont incompatibles à mon sens.
«Pour le moment le marché fait encore crédit au gouvernement de privilégier l’Europe. Mais les pessimistes, dont je fais partie, pensent que les exigences intérieures vont l’emporter. A ce moment-là, on aurait une remontée des taux».
HERVE GOULLETOUER (chef économiste de Paris au Crédit Lyonnais)
«C’est un gouvernement qui paraît sérieux sur l’économie avec la nomination de Dominique Strauss-Kahn, qui constitue un signal rassurant pour les marchés. Pour les Affaires étrangères, la nomination de Hubert Védrine marque un recul. Ce n’est pas un politique. Ça signifie peut-être que les Affaires étrangères seront la chasse gardée du président et du premier ministre avec un équilibre à trouver.
«Avec Pierre Moscovici, on a quelqu’un qui connaît les dossiers économiques ce qui est un bon signe dans les négociations sur l’euro. Martine Aubry est numéro deux du gouvernement, c’est un signal sur la priorité à l’emploi. Mais c’est aussi une pragmatique qui est déjà passée par ce poste et par l’industrie avec Pechiney.
«Le budget revient à un technicien (Christian Sautter). Ce qui est un signe de sérieux vers les marchés».
MARIE OWENS-THOMSEN, économiste, Dresdner Kleinwort Benson.
«Le gouvernement est tout à fait conforme aux discours de la campagne électorale. Il faut espérer que quand ils seront au pouvoir depuis un certain temps, ils seront moins dangereux qu’ils ne pourraient l’être.
«Il y a dans ce gouvernement des tendances anti-Maastricht, des gens qui sont pour une augmentation de la dépense publique. Evidemment, on pourrait s’en inquiéter. Mais le cabinet n’est pas pire que le résultat des élections.
«Il y a des risques, mais je pense que le choix de Strauss-Kahn pour l’Economie indique qu’ils préserveront le modèle français et ne changeront pas fortement le système social.
«Il faudra voir ce qu’ils diront à Amsterdam (sur le pacte de stabilité) et ce qu’ils feront en matière de politique économique et budgétaire.
«Les ministres communistes n’obtiennent que des postes relativement mineurs, et le PC n’aura pas plus d’influence que s’il avait cherché à influencer les affaires en restant hors du gouvernement. En somme, nous sommes dans la configuration préférée des marchés».
STEVEN ENGLANDER, économiste international, Smith Barney:
«Pour les trois principaux postes, il n’y a pas de surprise. Dominique Strauss-Kahn n’est pas exactement un adepte du marché libre au sens anglo-saxon, mais il a de l’expérience et il est solide.
«Strauss-Kahn a assuré que la France respecterait le calendrier de l’UEM, mais il n’a pas dit si ce serait aux conditions de Jospin.
«On avait parlé d’Elisabeth Guigou (Justice) pour les Affaires européennes (...) il sera intéressant de voir si Moscovici (ministre délégué chargé des Affaires européennes) sera aussi européen qu’elle.
«Pour les marchés, il faudra qu’ils voient les programmes, et à quelle vitesse les ministres entendent les mettre en œuvre».
PARIS, 5 Juin (Reuter). — A l’annonce de la liste des ministres du gouvernement de Lionel Jospin, les économistes ont salué généralement la nomination de Dominique Strauss-Kahn à la tête de Bercy et estimé que les marchés devraient bien accueillir ce gouvernement. Ils attendent les premières mesures économiques pour se prononcer plus au fond et s’interrogent sur le respect des critères de Maastricht.— DOMINIQUE BARBET, responsable de la recherche à Paribas, de Paribas Capital Market.«Les communistes n’ont pas grand poids dans le gouvernement. L’important c’est que les postes-clés économiques soient dans des mains sûres, ce qui paraît le cas. Avec un gouvernement comme ça, il n’y a pas de raison que les marchés baissent. Le marché obligataire, qui a baissé aujourd’hui, devrait repartir à la hausse...