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Actualités - Chronologie

Chevènement à l'intérieur : les policiers dans l'expectative

PARIS, 5 Juin (Reuter). — La nomination de Jean-Pierre Chevènement au ministère de l’Intérieur a surpris les milieux policiers, où l’ancien ministre de la Défense n’était guère attendu
Les noms de Daniel Vaillant ou de Paul Quilès étaient les plus souvent avancés pour la place Beauvau depuis la victoire de la gauche aux élections législatives.
L’arrivée de Jean-Pierre Chevènement au poste jusqu’alors occupé par Jean-Louis Debré intrigue plus qu’elle n’inquiète, la plupart des policiers soulignant l’«intégrité» et «le sens aigu de l’Etat» du nouveau titulaire.
Emile Perez, secrétaire général du puissant syndicat des commissaires supposé proche du ministre sortant, assure ne pas avoir «d’états d’âmes»: «Les policiers n’ont pas à se poser de questions. Jean-Pierre Chevènement sera leur patron».
Il attend de connaître quelle sera la politique du nouveau ministre mais rappelle que son syndicat a jugé «lucide et pertinent» le constat établi dans un rapport corédigé par le numéro deux du PS, Daniel Vaillant, en matière de sécurité.
Emile Perez souhaite aussi un équilibre entre police et justice et entre services de renseignement, en évoquant le sort futur des Renseignements généraux, dont le directeur Yves Bertrand, est dans le collimateur du juge Eric Halphen.
«Une dissolution des RG serait une erreur politique et policière fondamentale», explique Emile Perez pour qui l’existence des deux services de renseignement actuels — la DST et les RG — est une garantie «d’efficience et de démocratie».
Le patron du syndicat des commissaires, largement majoritaire dans ce corps, estime qu’une «évolution positive» des RG serait «normale» mais qu’il faut se garder d’une «révolution».
Chez les policiers en tenue, où une réforme des horaires a suscité de vives polémiques avec Jean-Louis Debré, le syndicat national indépendant et professionnel des CRS — majoritaire — souhaite la «bienvenue» au ministre de l’Intérieur, «connaissant l’intégrité morale et le sens de l’Etat qui habitent ce républicain convaincu».

Dossiers sensibles

Le Snip-CRS se garde «de porter un jugement» sur le nouveau ministre «avant de connaître ses intentions et ses objectifs».
«Les policiers qui, à l’instar des autres fonctionnaires, assistent depuis quelques années à la remise en cause du service public police, à la baisse de leur pouvoir d’achat, à l’absence d’un véritable projet sur leur métier, attendent que, comme il a su le faire à l’Education nationale, Jean-Pierre Chevènement initie une véritable réforme au sein de la police nationale», écrit le Snip-CRS dans un communiqué, où il demande à rencontrer le nouveau ministre.
Dans l’ensemble, les policiers interrogés attendent de voir quelles seront les orientations du ministre, qui aura — entre autres dossiers sensibles — à se pencher sur le problème de la sécurité dans les banlieues, l’immigration, où son prédécesseur avait adopté une ligne dure, le terrorisme et la Corse.
L’an prochain, il devra aussi gérer le dossier du référendum d’autodétermination en Nouvelle-Calédonie, où le RPR local Jacques Lafleur, franchement hostile à l’indépendance, a été le député le mieux réélu au premier tour des élections législatives.
Un directeur d’un service central a toutefois dit être «très serein» quant à d’éventuelles «chasses aux sorcières» à la tête des services, dont la plupart des chefs ont été nommés sous le RPR Charles Pasqua.
Jean-Pierre Chevènement pourrait pourvoir au remplacement du directeur général de la Police nationale, Claude Guéant, dit-on de sources policières. Le préfet de police de Paris, Philippe Massoni, proche de la retraite, pourrait aussi être remplacé. Le sort d’Olivier Foll, patron de la PJ parisienne, sanctionné pour avoir refusé l’assistance de ses policiers au juge Halphen, devrait aussi être rapidement réglé.
PARIS, 5 Juin (Reuter). — La nomination de Jean-Pierre Chevènement au ministère de l’Intérieur a surpris les milieux policiers, où l’ancien ministre de la Défense n’était guère attenduLes noms de Daniel Vaillant ou de Paul Quilès étaient les plus souvent avancés pour la place Beauvau depuis la victoire de la gauche aux élections législatives.L’arrivée de Jean-Pierre Chevènement au poste jusqu’alors occupé par Jean-Louis Debré intrigue plus qu’elle n’inquiète, la plupart des policiers soulignant l’«intégrité» et «le sens aigu de l’Etat» du nouveau titulaire.Emile Perez, secrétaire général du puissant syndicat des commissaires supposé proche du ministre sortant, assure ne pas avoir «d’états d’âmes»: «Les policiers n’ont pas à se poser de questions. Jean-Pierre Chevènement sera...