Telle est du moins la recommandation d’une commission parlementaire multipartite chargée d’étudier les moyens d’insuffler de la vigueur à un régime politique célèbre pour la faiblesse et la brièveté de ses gouvernements.
Approuvé par 36 voix contre 31 et trois abstentions, ce projet — qui n’en est encore qu’au stade de l’ébauche — sera à terme soumis à référendum. Accueilli avec satisfaction par l’opposition de centre droit, il a été vilipendé par les ex-communistes.
Le chef de l’opposition Silvio Berlusconi, dont l’Alliance pour la liberté appelle de ses vœux le régime présidentiel, s’est évidemment déclaré enchanté des conclusions de la commission.
«Je pense que nous pouvons être satisfaits du vote d’aujourd’hui, puisque nous avons été les premiers à souligner la nécessité d’une réforme pour assurer que le chef de l’Etat soit au-dessus de la politique des partis, mais élu directement par le peuple», a-t-il déclaré.
A l’instar de Massimo d’Alema, président de la commission, il a toutefois estimé qu’un système semi-présidentiel à la française — qui vient de permettre la cohabitation du président conservateur Jacques Chirac et du premier ministre socialiste Lionel Jospin — ne conviendrait pas à l’Italie.
Dirigé par d’Alema, le Parti démocratique de la gauche (ex-Parti communiste) est le principal membre de la coalition de centre gauche du premier ministre Romano Prodi.
Eviter un nouveau
Mussolini
Conçue avant tout pour éviter l’émergence d’un nouveau Mussolini, la Constitution adoptée après guerre par l’Italie ne consent au chef de l’Etat que des pouvoirs assez symboliques, tandis que l’initiative politique incombe entièrement au gouvernement.
Le président nomme le premier ministre après de laborieuses consultations avec l’ensemble des forces politiques italiennes. N’étant pas directement mandaté par les électeurs, celui-ci peut être assez facilement destitué par le Parlement.
En conséquence, la durée moyenne des gouvernements de l’Italie moderne n’est que de 11 mois, et le cabinet actuel est le 55e du pays depuis la guerre.
Refondation communiste, qui est alliée au pouvoir et représente la gauche pure et dure, avait proposé à la commission un renforcement du rôle du premier ministre en lui donnant le pouvoir de décider seul de la nomination de ministres ou de la dissolution du Parlement.
Mais cette hypothèse n’a pas été retenue.
«C’est une conclusion désastreuse à une affaire mal dirigée», a déclaré à la presse Fausto Bertinotti, dirigeant du parti. D’après lui, l’instauration d’un système semi-présidentiel éloignerait le pays de la démocratie.
Les travaux de la commission ne sont toutefois pas encore terminés. Elle n’a jusqu’à présent formulé que ses principes de base et entamera la semaine prochaine l’examen d’amendements.
Ses conclusions doivent être présentées fin juin au Parlement. Celui-ci passera ensuite environ un an à étudier les propositions et à élaborer le texte d’une réforme soumise au référendum des électeurs.

