La religieuse, qui à «88 ans et demi» revendique toujours une retraite active, a présenté les programmes en cours auprès des enfants de plusieurs pays en développement (Egypte, Inde, Soudan, Liban...).
Dominique Lemay, responsable de la fondation Virlanie (Philippines), a ainsi évoqué le cas de «Minerva», petite fille «achetée à son père par un réseau de prostitution» à l’âge de «dix ans».
Avec 12 foyers, une «boulangerie française» à Manille et bientôt un salon de coiffure, il apprend un métier aux enfants qu’il recueille, des petits prostitués, des petits prisonniers de «six ans», ou des enfants qui vivent en fouillant les ordures. «Des enfants dont personne ne veut», a-t-il témoigné.
Dans les bidonvilles du Caire, une religieuse copte, Sœur Sara, a pris le relais de Sœur Emmanuelle auprès des «chiffonniers». Trois cents personnes, a-t-elle expliqué, veillent à l’éducation des filles, qu’autrefois «on mariait à 10-12 ans». Il y a aujourd’hui «4.000 enfants à l’école», «un lycée de filles» ainsi que crèches, dispensaires, maternités et centres de formation professionnelle.
A Bobo Dioulasso (Burkina Faso), l’association «Dispensaire trottoir» est née en 1993 «sous l’arbre à palabres» de la ville, a raconté sa fondatrice, Marie-Laure Frizon, infirmière. Chaque jour, elle soigne, nourrit et éduque des enfants des rues ou de familles pauvres, auxquels s’ajoutent les nouveau-nés qu’elle trouve «abandonnés dans le caniveau».
«Les Amis de Sœur Emmanuelle» l’aident à construire un centre d’accueil de 80 lits, et à financer les missions de travailleurs sociaux.
L’association des «Amis de Sœur Emmanuelle», membre de la campagne «Grande cause nationale 1997» sur l’enfance maltraitée, vit à 75% des dons, le reste venant de subventions, de legs, de l’Union européenne ou de produits financiers.

