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Actualités - Chronologie

Appel a un changement politique en Allemagne

BONN, 3 Juin (Reuter). — La victoire de la gauche en France, un mois après celle du Parti travailliste en Grande-Bretagne, a suscité en Allemagne des appels à une politique plus sociale et davantage axée sur la lutte contre le chômage.
Même des alliés du chancelier Helmut Kohl ont estimé que le gouvernement de centre-droit en place à Bonn devait tirer les leçons des erreurs des conservateurs britanniques et français et ne pas concentrer tous leurs efforts sur les questions purement économiques.
Le porte-parole de la CDU pour les affaires sociales, Rainer Eppelmann, a ainsi déclaré au quotidien Osnabruecker Zeitung qu’Helmut Kohl, dans la perspective des législatives allemandes de septembre 1998, devait donner la priorité des priorités aux intérêts des travailleurs.
«La bataille pour les prochaines élections pour le Bundestag se fera sur le terrain de la justice sociale et de la lutte contre le chômage», a dit Eppelmann, qui est aussi le chef de file de l’aile «sociale» du parti d’Helmut Kohl.
Un proche du ministre des Finances Theo Waigel, Alois Glueck, président du groupe CSU à l’assemblée bavaroise, a quant à lui estimé qu’il valait mieux retarder l’introduction de la monnaie unique européenne si l’Allemagne ne parvenait pas à satisfaire aux critères de Maastricht sur le déficit public.
«Une monnaie européenne avec des critères affaiblis serait bien plus dommageable pour l’Europe qu’un report de la date d’introduction de la monnaie unique européenne», a-t-il dit au Saarbruecker Zeitung.
La Fédération allemande des Chambres de commerce (DIHT) a lancé un appel aux socialistes français afin qu’ils ne jettent pas au panier les réformes économiques entreprises par leurs prédécesseurs en leur préférant un plan à court terme pour favoriser l’emploi.
«Une pression trop forte en faveur de l’emploi entraînerait des risques significatifs pour la stabilité européenne», souligne la DIHT dans un communiqué.
Elle estime qu’il ne faut en aucun cas réviser les critères d’adhésion à la monnaie unique européenne et ajoute: «Etant donné les défis difficiles que représente le processus de l’intégration européenne, la France devra être à la hauteur de la responsabilité particulière qu’elle partage avec l’Allemagne».
Lionel Jospin et Oskar Lafontaine, le chef de l’opposition sociale-démocrate (SPD), ont proposé la semaine dernière la création d’un «pacte pour l’emploi» au niveau européen pour réduire le taux de chômage dans l’Union.
Le projet a obtenu le soutien immédiat des syndicats allemands, qui ont renouvelé lundi leurs appels à l’introduction d’un volet social dans le traité sur l’union monétaire européenne.
Ursula Engelen-Kefer, vice-présidente de la Fédération des syndicats allemands (DGB), a déclaré que les populations commençaient à rejeter l’union monétaire en raison des politiques «néo-libérales» des gouvernements en place.
Le SPD a pour sa part salué la victoire de Lionel Jospin comme une nouvelle manifestation de l’implantation de la culture de gauche en Europe.
«La victoire des socialistes français est, sans erreur possible, un signe qui montre que les peuples n’accepteront plus le chômage et l’injustice sociale», a dit Heidemaire Wieczorek-Zeul, porte-parole du SPD pour les affaires européennes.
«En France, comme en Grande-Bretagne et en Italie auparavant, les conservateurs ont obtenu un rejet historique. (John) Major et (Alain) Juppé ont dû partir. Kohl doit suivre», a ajouté le porte-parole social-démocrate.
Pour les libéraux du FDP, partenaire de la coalition Kohl, le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Werner Hoyer a déclaré que les relations franco-allemandes deviendraient «plus difficiles (...) mais pas impossibles».
Sur le plan intérieur, il a lui aussi estimé: «Nous devons considérer ce qui s’est passé en Angleterre et en France comme un avertissement. Cette coalition (de Bonn) doit réussir, aussi nous devons mettre un terme à nos querelles et nous mettre au travail».
BONN, 3 Juin (Reuter). — La victoire de la gauche en France, un mois après celle du Parti travailliste en Grande-Bretagne, a suscité en Allemagne des appels à une politique plus sociale et davantage axée sur la lutte contre le chômage.Même des alliés du chancelier Helmut Kohl ont estimé que le gouvernement de centre-droit en place à Bonn devait tirer les leçons des erreurs des conservateurs britanniques et français et ne pas concentrer tous leurs efforts sur les questions purement économiques.Le porte-parole de la CDU pour les affaires sociales, Rainer Eppelmann, a ainsi déclaré au quotidien Osnabruecker Zeitung qu’Helmut Kohl, dans la perspective des législatives allemandes de septembre 1998, devait donner la priorité des priorités aux intérêts des travailleurs.«La bataille pour les prochaines élections pour le...