La confrontation entre Bailey, champion olympique et recordman du monde du 100m, et l’Américain Michael Johnson, détenteur du titre olympique et du record mondial du 200, sur la distance hybride de 150 mètres, pour le titre tout à fait officieux d’homme le plus rapide de la planète, a tourné court.
Sorti attardé du virage, Johnson s’est brusquement mis à boitiller, victime semble-t-il d’ennuis musculaires à la jambe gauche, puis s’est arrêté, laissant Bailey terminer seul en 14 sec 99/100. Le temps ne signifie pas grand-chose, la distance, non officielle, étant peu courue. La meilleure performance connue a été réussie en 1983 par l’ancien recordman du monde du 200m, l’Italien Pietro Mennea, avec 14 sec 80.
Les organisateurs avaient choisi la distance de 150 mètres pour faire une moyenne entre les qualités de pur sprinteur de Bailey et celles de Michael Johnson, double champion olympique des 200 et 400m.
Aux Jeux d’Atlanta, Bailey avait remporté la finale du 100m en 9 sec 84, améliorant d’un centième le record du monde, et avait clôturé le relais canadien victorieux en couvrant son 100m en 8 sec 95. Après avoir gagné le 400m, Johnson avait remporté le 200 en 19 sec 32, améliorant son record du monde de 34 centièmes et couvrant les 100 derniers mètres en 9 sec 20.
Vieilles rivalités
Les deux hommes ne s’apprécient guère, en partie pour des raisons de vieilles rivalités entre les sprints américain et canadien, au point qu’ils ont refusé de tenir une conférence de presse commune la veille de la course. Ce qui s’est passé dimanche n’aura sans doute pas arrangé les choses.
«C’est une poule mouillée, il n’accepte pas la défaite», a lancé Bailey après la course, mettant en doute la réalité de la blessure de son rival. «J’ai ressenti comme une crampe dans le virage. Je ne sais pas encore l’importance de la blessure», a fait valoir Johnson.


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