Il a également estimé devant la presse, avant une rencontre avec des responsables du Parti libéral (FDP), avoir la certitude que l’euro serait lancé à la date prévue et que les pays y participant rempliraient la totalité des critères requis.
«L’Allemagne et la France restent selon moi les plus importants partenaires. Nous voulons aller plus loin pour l’Europe. L’euro peut être lancé en respectant rigoureusement les critères et selon le calendrier prévu», a-t-il déclaré.
Pour le ministre allemand, si Paris et Bonn demeurent le principal moteur de l’union économique et monétaire, les deux capitales pourraient avoir des vues divergentes sur certaines questions.
«Je m’attends à ce que le débat, qui a déjà commencé, s’intensifie (entre Paris et Bonn) sur l’orientation de la politique économique et sociale», a déclaré de son côté Karl Lamers, membre de la CDU du chancelier, à la radio d’Etat allemande.
Il a dit ne s’attendre à «aucun changement» fondamental dans les relations entre Paris et Bonn.
«Je suis heureux que les socialistes disposent d’une voix forte, de sorte qu’ils seront la voix dominante du gouvernement», a-t-il ajouté.
Le dirigeant des sociaux-démocrates allemands (SPD), Oskar Lafontaine, a salué pour sa part la victoire de la gauche française comme «un grand succès pour la France et l’Europe».
«C’est un grand succès pour la France et l’Europe. Il reflète les espoirs du peuple pour une réduction du chômage et plus de justice sociale», déclare Oskar Lafontaine dans un message de félicitations à Lionel Jospin.
Le principal journal télévisé allemand du soir a ouvert dimanche sur les élections françaises en notant que le président Jacques Chirac n’était pas parvenu à donner un «nouvel élan» à son gouvernement.
Le véritable perdant
«Le président Chirac est le véritable perdant. Il voulait obtenir une nouvelle marge de manœuvre, il voulait donner un nouvel élan à sa majorité de droite. Tout cela a échoué», a déclaré en direct le correspondant permanent de la chaîne ARD à Paris, Heiko Engelkes.
«Il doit désormais gouverner avec son rival politique. Le nouveau premier ministre sera probablement Lionel Jospin. Cette cohabitation donnera certainement de nouvelles orientations à la politique européenne de la France ainsi que de nouvelles priorités en matière de politique sociale».
Les Allemands ont étroitement suivi la campagne législative française, particulièrement depuis l’éclatement du conflit entre la banque centrale allemande, la Bundesbank et le gouvernement, conflit qui a ravivé les rumeurs sur un possible retard du lancement de la monnaie unique européenne.

