Le corps de cette nouvelle victime de la «bataille pour la terre», Ali Aref Joumhour, âgé de 35 ans, a été retrouvé près de Ramallah en Cisjordanie. Les dépouilles des deux autres Palestiniens assassinés les 8 et 18 mai avaient également été retrouvés dans ce même secteur.
Ali Aref Joumhour a été tué par balles et son corps, qui portait des traces de graves contusions, a été transporté dans un institut médico-légal israélien.
La police israélienne qui a mis sur pied une équipe spéciale d’enquête sur cette affaire, a précisé que Joumhour était détenteur d’une carte d’identité israélienne et affirmé qu’il avait été kidnappé par des membres des services de sécurité palestiniens.
La victime était accusée d’avoir vendu il y a quelques mois une maison à A-Tur, un quartier arabe de Jérusalem-Est, à la société israélienne Elaad qui a multiplié ces dernières années les achats de biens immobiliers palestiniens pour y installer des colons, selon des sources palestiniennes.
Ali Aref Joumhour qui résidait à Jérusalem-Est, se rendait quotidiennement à un bureau situé à Jérusalem-Ouest, où des agents immobiliers palestiniens se rencontraient pour mettre au point des transactions avec des Israéliens portant sur des maisons ou des terres palestiniennes, a-t-on poursuivi de mêmes sources.
La société Elaad qui bénéficie de l’aide de l’Etat hébreu, achète des biens immobiliers arabes pour le compte d’Ateret Cohanim, une institution religieuse juive ultra-nationaliste.
Cette société utilise divers intermédiaires et hommes de paille ainsi que les services de sociétés écran enregistrées en Amérique centrale pour acquérir des biens immobiliers palestiniens.
Décidée à mettre fin à toute transaction immobilière qui favorise la colonisation juive, l’Autorité autonome de Yasser Arafat avait annoncé début mai que la peine de mort serait appliquée aux Palestiniens vendant des terres à des Israéliens. Le Conseil législatif palestinien a été saisi d’un projet de loi en ce sens.
La loi jordanienne
Le 21 mai, M. Arafat est revenu à la charge en affirmant à un quotidien israélien que «ceux qui vendent des terres à Israël sont des traîtres qui méritent la peine de mort».
Il avait précisé que «l’Autorité palestinienne a hérité sur ce point de la loi jordanienne qui s’applique en Cisjordanie et à Gaza» et prévoit la peine capitale pour toute personne vendant des terres à des juifs.
Les dirigeants palestiniens considèrent que de telles transactions constituent une trahison parce qu’elles servent souvent à l’extension des colonies juives dans des secteurs où les Palestiniens entendent créer leur futur Etat.
Selon les autorités israéliennes, la nouvelle colonie juive de Har Homa à Jérusalem-Est — dont la mise en chantier le 18 mars a plongé le processus de paix dans la crise — est construite sur des terrains dont la majorité a été achetée par des Israéliens à des Palestiniens depuis le début de l’occupation en 1967.


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