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Actualités - Chronologie

L'Homme d'Atapuerca, pionnier africain de la conquête de l'Europe

MADRID, 30 Mai (AFP). — La découverte, sur le site d’Atapuerca, près de Burgos (nord de l’Espagne), d’une nouvelle espèce d’hominidé âgée de quelque 800.000 ans mais présentant un étonnant mélange de caractères archaïques et modernes, a été annoncée à Madrid par des scientifiques espagnols.
Pour ces chercheurs, dont le travail est publié vendredi dans la revue américaine «Science», les restes de ces hommes préhistoriques pourraient être ceux de «pionniers» de l’occupation du continent européen et, en même temps, des derniers ancêtres communs à l’homme de Néandertal et à l’homme moderne.
L’«Homme d’Atapuerca» aurait gagné l’Europe, venant d’Afrique, d’où son nom de baptême «Homo antecessor» («explorateur» ou «pionnier», en latin) que lui a donné l’équipe dirigée par le professeur José Maria Bermudez de Castro, du Musée national des sciences naturelles de Madrid.
Les fossiles proviennent de six individus qui vivaient au Pleistocène moyen et sont donc les hominidés les plus vieux du continent européen connus à ce jour. Les caractéristiques faciales et crâniennes des ossements ont permis aux chercheurs des universités Complutense de Madrid et Rovira i Virgili de Tarragone d’avancer l’hypothèse selon laquelle ces hommes se situent à mi-chemin entre l’homme de Néandertal et l’homme moderne (âgés de moins de 200.000 ans), d’une part, et Homo ergaster africain (de 1,4 à 1,8 million d’années), d’autre part.
Selon Maria Mosquera, du département préhistoire de l’université Rovira i Virgili, Homo antecessor était de stature moyenne, son visage présentait une «modernité totale», grâce à un faible prognathisme, alors qu’il présente des caractères primitifs au niveau de la mandibule et de la denture. Sa capacité crânienne était de l’ordre de 1.000 cm3, contre 1.350 cm3 pour l’homme moderne.
Il fabriquait des outils de pierre assez évolués, qui ont d’ailleurs permis d’avancer l’hypothèse d’un possible cannibalisme. Des traces de coups de pierre identiques à celles retrouvées sur les os d’animaux consommés par ces chasseurs apparaissent, en effet, sur ces ossements humains. «On ignore encore si ces pratiques étaient d’ordre rituel ou alimentaire», a précisé le Pr Mosquera.
Selon le professeur Eudald Carbonell (université de Taragonne), les découvertes d’Atapuerca ont également suggéré une «forte démographie» d’Homo antecessor, même si son organisation sociale n’a pas pu être encore précisée.
MADRID, 30 Mai (AFP). — La découverte, sur le site d’Atapuerca, près de Burgos (nord de l’Espagne), d’une nouvelle espèce d’hominidé âgée de quelque 800.000 ans mais présentant un étonnant mélange de caractères archaïques et modernes, a été annoncée à Madrid par des scientifiques espagnols.Pour ces chercheurs, dont le travail est publié vendredi dans la revue américaine «Science», les restes de ces hommes préhistoriques pourraient être ceux de «pionniers» de l’occupation du continent européen et, en même temps, des derniers ancêtres communs à l’homme de Néandertal et à l’homme moderne.L’«Homme d’Atapuerca» aurait gagné l’Europe, venant d’Afrique, d’où son nom de baptême «Homo antecessor» («explorateur» ou «pionnier», en latin) que lui a donné l’équipe dirigée par le...