Le conflit, qui a commencé avec la conquête et l’annexion de Jérusalem-Est en juin 1967, a repris de plus belle au cours des dernières semaines à la suite de la mise en chantier en mars d’un nouveau quartier de colonisation juive dans la partie arabe de la ville, qui a entraîné l’arrêt du processus de paix.
«C’est une véritable guerre qui est engagée, mais au lieu de tirer on construit», affirme M. Aviatar Cohen, un représentant de la compagnie Elaad.
Cette société israélienne bénéficiant de l’aide de l’Etat achète des biens immobiliers arabes pour le compte d’une institution religieuse juive ultranationaliste: Ateret Cohanim.
Ateret Cohanim a pris possession au cours des derniers mois d’au moins trois maisons, soulevant à chaque fois la colère des voisins palestiniens.
Selon M. Cohen, Elaad a l’intention d’accroître ses achats dans les quartiers de Silouan, site originel de la ville il y a plus de trois millénaires.
«Quinze familles juives se sont installées dans ce quartier et cinq autres le feront jusqu’à la fin de l’année», a-t-il précisé.
Selon un responsable de la police, «Elaad a déjà acquis des dizaines de maisons dans des quartiers arabes et l’an prochain cet organisme devrait augmenter de 30 à 40% ses achats».
La société utilise divers intermédiaires et hommes de paille ainsi que les services de sociétés écran enregistrées en Amérique centrale pour acquérir des biens immobiliers.
Ces précautions sont nécessaires à la suite des risques que prennent les vendeurs de terres palestiniens, considérés comme des traîtres par les leurs.
C’est ainsi que deux marchands de biens palestiniens ont été assassinés ce mois-ci, après que des officiels palestiniens eurent annoncé que de telles personnes encouraient la peine de mort en vertu d’une ancienne loi jordanienne.
M. Cohen a indiqué que sa société redoublait d’efforts pour créer des faits accomplis à Jérusalem-Est avant même l’ouverture de négociations.
Un responsable palestinien à Jérusalem a indiqué pour sa part que l’Autorité présidée par Yasser Arafat s’employait à acheter des terrains pour torpiller des projets israéliens de couper totalement Jérusalem-Est de la Cisjordanie.
«Les Israéliens veulent relier les quartiers juifs construits à Ras el-Amoud, sur le Mont des Oliviers, et à French Hill, de l’est au nord de la ville, par une ceinture d’implantations. Pour l’empêcher, nous achetons des terrains» entre ces quartiers, a-t-il précisé.
Selon lui, l’Arabie Séoudite a fait un don de 30 millions de dollars pour restaurer des maisons arabes du quartier musulman de la vieille ville.
Les hommes d’affaires arabes ont constitué en outre le mois dernier à Amman un fonds d’un montant de 100 millions de dollars pour aider des Palestiniens dans le besoin à construire sur des terrains qu’ils possèdent.
Israël interdit à l’Autorité palestinienne d’opérer à Jérusalem-Est, en interprétant restrictivement les accords d’autonomie conclus entre les parties.
Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale d’un futur Etat alors qu’Israël entend maintenir toute la ville sous sa souveraineté.


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