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Actualités - Chronologie

Une forme de cohabitation inédite

PARIS 29 Mai (AFP). — Déjà expérimentée deux fois entre un président de gauche et une majorité de droite, la «cohabitation» à la française pourrait s’enrichir d’un nouveau chapitre avec un président de droite et un premier ministre de gauche, selon toute vraisemblance le leader socialiste Lionel Jospin.
«Une cohabitation qui interviendrait demain aurait un caractère très différent des deux précédentes, dont la durée était limitée à deux ans. Si nous entrions dans une nouvelle cohabitation, ce serait, en principe, pour cinq ans», a souligné l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing (droite libérale).
De 1986 à 1988, le socialiste François Mitterrand avait «cohabité» avec le premier ministre gaulliste Jacques Chirac, continuant à présider tous les conseils des ministres et représentant la France avec lui à tous les grands sommets internationaux.
A de rares occasions, il était intervenu de manière spectaculaire en refusant de signer des textes gouvernementaux, notamment dans le domaine social et des privatisations, mais M. Chirac, battu par M. Mitterrand à la présidentielle de 1988, avait jugé que le système avait «convenablement» fonctionné.
La Constitution introduite en 1958 par le général de Gaulle ne définit pas de façon claire le partage de compétences au sein de l’exécutif entre le président et le premier ministre qu’il nomme, qui «dirige l’action du gouvernement». La légitimité du président est assise sur son élection, depuis 1965, au suffrage universel direct.
De 1993 à 1995, le duo à la tête du pays réunit M. Mitterrand et le gaulliste Edouard Balladur, inventeur du terme «cohabitation», une idée qu’il fut l’un des premiers à défendre.
Elle resta marquée par quelques frictions, dont la suspension par le président, chef des armées, des essais nucléaires dans le Pacifique.
La politique étrangère, et surtout européenne, a toujours fait l’objet d’un consensus entre le président et son premier ministre, ce qui fait dire à l’ancien président socialiste de la Commission européenne Jacques Delors qu’il «ne voit pas où est le problème».

Le Pen se frotte les mains

De nombreux hommes politiques de droite ont tenté de dramatiser la situation qui résulterait d’une victoire de la gauche le 1er juin. «La cohabitation serait plus dangereuse qu’en 1986 et 1993 car nous aurions un exécutif à trois voix: celle du président, celle du premier ministre et celle des communistes qui diraient non à l’Europe», a affirmé le président de l’UDF (droite libérale) François Léotard, mettant l’accent sur l’opposition du PCF au traité de Maastricht.
Pour l’historien Emmanuel Todd, «la cohabitation serait une bonne chose dans la mesure où un engagement commun de la gauche et de la droite est nécessaire pour trancher le nœud gordien de la construction européenne».
«Une ultime inconnue est d’ailleurs de savoir si les électeurs n’aspirent pas, finalement, à une cohabitation qu’ils ont apprivoisée et qui leur paraît la seule forme d’union nationale autorisée par la Constitution», écrit l’hebdomadaire L’Express.
Fin avril, un sondage indiquait que 60% des Français verraient en fait d’un bon œil un partage du pouvoir entre un président de droite et un premier ministre de gauche.
Le leader d’extrême-droite Jean-Marie Le Pen se frotte les mains devant une telle perspective, persuadé que M. Chirac sera une nouvelle fois amené à dissoudre l’Assemblée dès qu’il le pourra. M. Chirac recouvrera cette possibilité au bout d’un an, aux termes de la Constitution. «Nous pourrons retourner devant les électeurs et le Front national sera encore mieux placé qu’aujourd’hui», selon lui.
PARIS 29 Mai (AFP). — Déjà expérimentée deux fois entre un président de gauche et une majorité de droite, la «cohabitation» à la française pourrait s’enrichir d’un nouveau chapitre avec un président de droite et un premier ministre de gauche, selon toute vraisemblance le leader socialiste Lionel Jospin.«Une cohabitation qui interviendrait demain aurait un caractère très différent des deux précédentes, dont la durée était limitée à deux ans. Si nous entrions dans une nouvelle cohabitation, ce serait, en principe, pour cinq ans», a souligné l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing (droite libérale).De 1986 à 1988, le socialiste François Mitterrand avait «cohabité» avec le premier ministre gaulliste Jacques Chirac, continuant à présider tous les conseils des ministres et représentant la France...