A chacun sa façon d’afficher ses ambitions. Javier Cuesta, l’entraîneur espagnol de l’équipe d’Egypte, ton posé mais ferme, assure que «l’objectif, c’est de jouer les demi-finales». Les Egyptiens avaient échoué en quart de finale du Mondial-95.
La méthode coréenne est moins directe. Seong Heon Kim, l’entraîneur, pense que son équipe «pourra apprendre beaucoup des Russes, mais essayera de faire de son mieux, jusqu’au bout». Prudence et ambition: le cocktail a déjà permis aux Coréens de battre la France (27-26) lors de la première phase, puis la Yougoslavie (37-33, a. p.) en huitième de finale.
Au passage, Français et Yougoslaves ont pu apprécier la qualité et la complémentarité de la ligne arrière coréenne, composée de deux joueurs «petits», Beum Cho et Baek, et du grand Yonn (2,03m). Leur duel avec le duo russe Koulechov-Koudinov devrait être la clé du match, pour lequel les Russes partiront avec un léger avantage: ils n’ont pas encore perdu depuis le début du Mondial. Mieux, ils n’ont pas forcé pour battre la Tunisie (20-14) en quarts.
En revanche, la France a puisé dans ses ressources avant d’éliminer le Japon (22-21) à la dernière seconde. Les Egyptiens, qui axent davantage leur jeu sur la défense et la contre-attaque, tenteront d’en profiter pour décrocher leur premier succès face aux tenants du titre.
Loin de toute considération géographique, les deux rencontres du haut du tableau opposeront des Européens, au jeu classé «académique». Les Hongrois, qui s’appuient sur une forte ossature du club de Veszprem, devraient passer l’obstacle islandais et poursuivre leur route vers le dernier carré, qu’ils n’ont atteint qu’une fois (1986).
En revanche, les Suédois, qui affronteront l’Espagne, sont abonnés aux quatre premières places. Six joueurs de l’équipe actuelle ont d’ailleurs décroché le titre mondial en 1990. Sept ans plus tard, la Suède présente une équipe très expérimentée, alors que les Espagnols, médaillés de bronze aux Jeux olympiques d’Atlanta, disposent d’un brin de fantaisie, incarné par Talant Dujshebaev, le demi-cetre naturalisé, originaire du Kirghizistan.
La capacité des Suédois à neutraliser ce roi de l’accélération et des tirs désaxés constituera la clé du plus prestigieux des quarts de finale.

