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Actualités - Interviews

Jospin : la cohabitation dans le respect de la constitution (photo)

PARIS, 28 Mai (Reuter). — A quatre jours du second tour des législatives, le premier secrétaire du Parti socialiste continue de peaufiner son image de «premier ministrable», responsable et soucieux de la Construction. «La cohabitation n’est pas une affaire d’humeur ou de convenance. Elle est d’abord respect de la Constitution et elle est aussi et surtout respect (…) de ce que le peuple a décidé», a déclaré mercredi sur RTL Lionel Jospin.
Il a certes réaffirmé que le président Jacques Chirac s’était «trompé», dans son intervention télévisée de mardi soir, sur le sens du premier tour, qui a vu la gauche devancer nettement la droite.
«Lui, il voit ça comme trop de responsables politiques, de haut en bas, et il dit: vous m’avez envoyé un message, j’ai compris votre message. Je crois que ce n’est pas ça qui s’est produit au premier tour», a déclaré Lionel Jospin.
«Les Français ont commencé à faire un choix. Ils décident, ils n’envoient pas un message à des gens qui sont chargés de l’interpréter ou de décider pour eux», selon lui.
Mais en même temps, le chef de l’opposition s’est montré une nouvelle fois soucieux de ménager le président de la République, avec qui il serait amené, selon toute vraisemblance, à cohabiter en cas de victoire de la gauche dimanche prochain.
Il a ainsi déclaré que la réduction du mandat présidentiel à cinq ans, inscrite dans le programme du PS, ne serait pas «une exigence première» pour un gouvernement de gauche.
«Une équipe nouvelle qui arriverait dans la cohabitation ne commencerait pas par, un peu grossièrement, dire, voilà, on va raccourcir le mandat présidentiel, a-t-il dit. Il y a d’autres exigences qui sont celles de l’emploi, qui sont celles d’engager clairement une rupture sur le terrain des comportements publics, de l’attitude de l’Etat, de l’indépendance de la justice par rapport au pouvoir politique, la question du cumul des mandats dans le domaine de la démocratie.»
Lionel Jospin a confirmé qu’un gouvernement de gauche refléterait la pluralité des forces de gauche et écologistes représentées à l’Assemblée nationale.
Ces «forces variées» devraient «se retrouver aussi dans un gouvernement, cela paraît logique, si chacun le veut et si chacun est prêt à s’engager sur une orientation, car il n’y aurait pas plusieurs orientations au gouvernement», a-t-il dit.

Chacun dans
son rôle

«Nous aurons des dizaines de femmes élues à l’Assemblée nationale quel que soit le résultat. Ça c’est un signe clair d’une volonté de renouvellement politique, et donc j’imagine que si un gouvernement avait à se former, un gouvernement nouveau, eh bien il serait l’expression de ce renouvellement», a ajouté le dirigeant socialiste.
S’il refuse d’évoquer publiquement sa nomination probable au poste de premier ministre en cas de victoire de la gauche — «Il faut respecter les prérogatives du président de la République», souligne-t-il — il laisse percer de plus en plus qu’il croit à l’une et à l’autre.
Interrogé sur RTL sur l’audit des finances publiques auquel veulent procéder les socialistes, il a d’abord répondu: «Je veux simplement savoir…», avant de se reprendre : «Nous voulons savoir où nous en serons.»
Au journaliste qui lui faisait remarquer que, dans son parti, Laurent Fabius, Martine Aubry ou Jack Lang ne contestent en rien son statut de «premier ministrable», il a répliqué: «Eh bien ça veut dire que chacun est dans son rôle.»
Lionel Jospin s’est de nouveau prononcé contre une amnistie pour les hommes politiques impliqués dans des «affaires». Mais il a souhaité que les Français fassent la différence entre ceux qui sont accusés d’enrichissement personnel et ceux qui sont poursuivis en tant que dirigeants de leur formation pour des faits relevant du financement des partis politiques avant que celui-ci soit réglementé par la loi.
«Malheureusement, je pense que c’est le temps qui permettra d’effacer cela. On ne peut pas, en tout cas, revenir vers des formules où c’est le pouvoir politique qui efface», a ajouté le dirigeant socialiste.
Enfin, Lionel Jospin a dénié au président du Front national, Jean-Marie Le Pen, le statut d’«arbitre» des législatives.
«Je ne crois pas qu’il soit l’arbitre des élections, en aucune façon, a-t-il dit. Je crois simplement que le score du FN est beaucoup trop élevé.»
«Le FN ne peut pas passer d’alliances (…). Ça limite quand même sa capacité d’influence», a-t-il ajouté pour expliquer l’absence du parti d’extrême-droite de l’Assemblée, malgré des scores nationaux supérieurs, depuis plusieurs années, à ceux du Parti communiste.
PARIS, 28 Mai (Reuter). — A quatre jours du second tour des législatives, le premier secrétaire du Parti socialiste continue de peaufiner son image de «premier ministrable», responsable et soucieux de la Construction. «La cohabitation n’est pas une affaire d’humeur ou de convenance. Elle est d’abord respect de la Constitution et elle est aussi et surtout respect (…) de ce que le peuple a décidé», a déclaré mercredi sur RTL Lionel Jospin.Il a certes réaffirmé que le président Jacques Chirac s’était «trompé», dans son intervention télévisée de mardi soir, sur le sens du premier tour, qui a vu la gauche devancer nettement la droite.«Lui, il voit ça comme trop de responsables politiques, de haut en bas, et il dit: vous m’avez envoyé un message, j’ai compris votre message. Je crois que ce n’est pas...