Alors que plusieurs candidats avaient décidé, au départ, de centrer leur message sur la situation sociale, la campagne a rapidement dévié pour donner lieu à de vives discussions portant sur la place du Québec dans ou hors de la fédération canadienne.
Avec, en toile de fond, la perspective d’un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec, promis pour les années à venir par le Parti québécois, au pouvoir dans la province.
Le premier ministre canadien Jean Chrétien (Parti libéral) a souvent insisté sur son intention de continuer à «réformer la fédération canadienne» pour donner davantage de pouvoirs aux provinces.
M. Chrétien s’est engagé, pour autant que les provinces y consentent, à inclure dans la Constitution canadienne un statut de «société distincte» pour le Québec.
Tout en critiquant ce concept flou, le chef du Bloc québécois — principal parti d’opposition dans la Chambre sortante — Gilles Duceppe, a d’abord tenté d’élargir son audience en axant la campagne sur l’emploi, avant de la recentrer sur le thème de la souveraineté du Québec et de la défense des intérêts québécois à Ottawa.
La publication dans la presse d’extraits d’un livre de l’ancien premier ministre du Québec, Jacques Parizeau, a versé de l’huile sur le feu.
M. Parizeau semblait y évoquer la possibilité d’une proclamation rapide de souveraineté si son parti avait gagné le référendum organisé en 1995, sans respect des promesses de négociations avec l’Etat fédéral.
Avant que l’intéressé ne démente cette interprétation de ses écrits, les autres candidats soulignaient que l’on ne pouvait décidément pas faire confiance au Bloc québécois.
Le Parti réformiste de Preston Manning, très présent dans l’Ouest canadien, a fait du refus d’un statut particulier pour le Québec l’un de ses principaux chevaux de bataille durant la campagne.
La semaine dernière, il appelait aussi les électeurs à voter pour un premier ministre représentant tous les Canadiens et non pour des politiciens «seulement québécois», faisant allusion à l’origine de deux de ses adversaires, M. Chrétien et le chef du Parti conservateur Jean Charest.


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