«Bactéries et virus ne paraissent plus limiter leur champ d’action aux maladies infectieuses traditionnelles, a souligné le Pr Patrick Francioli, président du comité scientifique du 8e congrès européen de microbiologie clinique et maladies infectieuses, ECCMID 97, qui se tient à Lausanne (Suisse) jusqu’à mercredi.
en étudiant 120 patients, victimes d’infarctus, l’équipe du Dr Maass de l’Université de Lubeck, avait détecté la Chlamydia dans les plaques d’athérome d’un quart d’entre eux. Mais, en se penchant plus précisemment sur 60 de ces patients, et à l’aide de culture de cellules et non plus seulement à partir de tests de détection, elle a surtout prouvé la présence de Chlamydia viables et capables de se reproduire dans 8% d’entre eux, souligne le spécialiste.
D’autres études, présentées à Lausanne, renforcent cette piste. Celles sur 63 coronariens d’une équipe de l’Imperial College School of Medicine de Londres, travaillant en collaboration avec une équipe d’Afrique du Sud, ont permis de détecter la Chlamydia chez respectivement 45% et 71% d’entre eux, contre à peine 9% parmi les personnes possédant des artères saines, notamment les coronaires qui nourrissent le cœur.
Pour le Pr David Taylor-Robinson qui a participé à ces dernières études, «la présence de Chlamydia à l’intérieur des vaisseaux athéromateux ne fait plus aucun doute».
«Les scientifiques s’accordent cependant à reconnaitre que la relation de cause à effet reste à démontrer», entre l’infection et la survenue de la crise cardiaque ou du moins des lésions des artères qui y conduisent, relève le Pr Patrick Francioli.
Reste à déterminer si la bactérie est un facteur de risque cardiaque supplémentaire et si combattre cette infection permettrait d’améliorer le pronostic cardiaque.

