«Le changement (…) ne peut se faire qu’avec nous et c’est d’ailleurs pourquoi j’ai proposé un pacte de changement aux Françaises et aux Français», a lancé le premier secrétaire du Parti socialiste à 2.500 personnes rassemblées dans une salle de sports à Villeurbanne, près de Lyon.
Il a souhaité «un changement d’abord dans la politique économique».
«Il ne s’agit pas (…) d’opérer un bouleversement de la politique économique. Nous préconisons très clairement de ne pas accroître les prélèvements qui ont été portés par M. Juppé à un record historique en France. Nous préconisons de ne pas accroître les dépenses publiques dans notre pays mais de les réorienter autrement, notamment avec pour objectif essentiel et crucial l’emploi».
«Il ne s’agit pas non plus d’un retour à la politique menée par les premiers gouvernements socialistes au début des années 1980, car 1997 n’est en rien 1981 du point de vue de la situation économique», a-t-il souligné.
«Culture du cynisme
en politique»
Il a souhaité qu’un gouvernement de gauche puisse «conduire une politique économique et sociale qui maîtrise l’élément du temps», c’est-à-dire qui ne passe pas d’une «flambée de mesures» à «des tournants de la rigueur et puis enfin des années d’immobilisme».
Le dirigeant socialiste a estimé qu’il fallait aussi un changement dans le fonctionnement de la démocratie et de l’Etat en France.
«Il faut une autre conception de l’Etat, il faut que les politiques se persuadent que l’Etat n’est pas une propriété», a-t-il dit.
Lionel Jospin a estimé que les Français avaient sanctionné «une certaine culture du cynisme en politique» dimanche, au premier tour des législatives, qui a vu la gauche devancer nettement la droite.
«De quel poids peut peser, au lendemain du premier tour, l’annonce du sacrifice du premier ministre sortant, du chef de campagne du RPR et de l’UDF?» a-t-il demandé.
«En tout cas sur cette question, comme sur bien d’autres, il apparaît dans ce deuxième tour de l’élection législative que la simplicité, la cohérence, la transparence, la mesure aussi, et je dirais d’une certaine façon l’ordre, sont de notre côté, au moment où la coalition RPR-UDF use d’expédients qui, humainement, en plus, ne sont pas très élégants», a-t-il ajouté.
Alain Juppé s’est engagé à quitter Matignon quel que soit le résultat du second tour.
Pour Lionel Jospin, l’annonce du renoncement du premier ministre vise à «dérober au vote des Français une personnalité jugée impopulaire».
«Mai qui ne voit que cette décision absolument sans précédent dans l’histoire politique des élections sous la Ve République est un signe formidable de crise et de désarroi dans la majorité sortante?» a-t-il ajouté.

