Invité de RTL, le premier ministre et président du RPR a estimé que Jacques Chirac «clarifiera» lui même les «objectifs» de la majorité.
Alain Juppé a lancé une mise en garde contre le «retour des éléphants» du Parti socialiste en cas d’une victoire de la gauche qu’il a jugé «possible». Il a souligné que Jacques Chirac aura, lui, «à cœur de choisir des femmes et des hommes nouveaux».
Il a tenu à «dénoncer le caractère scandaleux de la campagne du PS qui a commencé par tout promettre pour piper les voix (…) et qui, petit à petit, abandonne tout cela».
«M Jospin vient de dire qu’il n’augmenterait pas la dépense publique. On est en train de tromper les électeurs. On ne sait pas ce qui va se passer entre le Parti socialiste et le Parti communiste», a-t-il souligné.
Interrogé sur son propre sacrifice à l’ouverture de la campagne du second tour, Alain Juppé a affirmé ne ressentir ni «amertume», ni «déception».
«J’ai exercé une fonction qui est, par essence, précaire, dont chaque titulaire sait qu’il peut la quitter à tout instant. On n’est pas propriétaire de ce genre de charge et c’est la raison pour laquelle je me sens aujourd’hui parfaitement bien dans ma peau», a-t-il assuré.
Alain Juppé a jugé que la connivence qui le lie à Jacques Chirac «existe toujours et existera longtemps». «Les liens qui se sont créés entre nous ne dépendent pas de telle ou telle péripétie», a-t-il dit.
«Pas de compétition»
Le premier ministre a souligné qu’il lui était «apparu clairement» au soir du premier tour que les Français, qui sont «seuls juges», ne «semblaient pas comprendre» que Jacques Chirac et la majorité puissent engager une «nouvelle étape» du septennat «avec le même homme».
«Il y avait là une sorte d’obstacle à la bonne explication ou à la bonne réception de notre message et naturellement il ne m’est pas venu à l’esprit de persévérer dans ce qui aurait pu être un obstacle pour la majorité», a-t-il dit.
Alain Juppé a précisé qu’il ne serait «démissionnaire» que le 2 juin, au lendemain du second tour, et qu’en tant qu’actuel premier ministre, il assumait la direction de la campagne de la majorité. «Ceci n’est contesté par personne», a-t-il dit.
Pour lui, sa décision de retrait «est de nature à renforcer le sentiment d’union» au sein de la majorité RPR-UDF.
«Nous avons fait campagne depuis le début sur un certain nombre de propositions communes, nous avons tenu avec des nuances bien sûr, ce qui est une preuve de richesse, le même langage et fixé les mêmes objectifs. Je pense que le président de la République les précisera, les clarifiera ce soir et cela est de nature à donner dans les quatre jours qui viennent l’impulsion dont la campagne a besoin», a-t-il dit.
«Je crois que c’est au président de la République de bien marquer la ligne», a-t-il dit en relevant «deux messages importants» à faire passer d’ici dimanche prochain, le premier sur le style de gouvernement et le deuxième sur la société «d’initiative et de partage» que la majorité sortante entend construire.
Alain Juppé a par ailleurs estimé qu’il ne devait pas y avoir «compétition» au sein de la majorité pour lui succéder à Matignon en cas de victoire du RPR et de l’UDF.
«Ce n’est pas la IVe République, le régime des partis, ce n’est pas une compétition organisée, c’est le président de la République qui choisira», a-t-il dit.
Il a enfin confirmé que le RPR et l’UDF maintiendraient leurs candidats «partout où c’est possible» dans les circonscriptions où le Front national et la gauche sont arrivés en tête. «Quant aux situations de duel, je me suis beaucoup battu pour nos valeurs, les valeurs de la République, de l’humanisme (…) et enfin les valeurs du patriotisme. C’est en fonction de ces valeurs que chaque électrice et chaque électeur s’exprimera en son âme et conscience», a-t-il dit.

