A gauche en revanche, si les candidats n’ont pas réussi à se faire élire au premier tour, ils sont nombreux à pouvoir espérer trouver ou retrouver un siège de député dans la nouvelle assemblée à l’issue du second tour dimanche 1er juin, en raison de ballottages plus favorables.
Seules exceptions à droite: deux anciens ministres d’Edouard Balladur — lui-même rate de peu l’élection au premier tour à Paris avec 49,34% des voix —, le centriste Pierre Méhaignerie et Nicolas Sarkozy, de même que le ministre des Transports Bernard Pons, ont été réélus au premier tour dans leur fief de droite, des circonscriptions taillées sur mesure.
Hormis ces trois résultats — sur 12 députés élus au premier tour — tous les autres candidats de droite sont en ballottage, parfois difficile.Le premier ministre lui-même, Alain Juppé, élu au premier tour en 1995, ne recueille que 39% de vote à Bordeaux suivi par le candidat socialiste 28% Gilles Savary. L’éclatement des voix sur une multitude de candidatures au premier tour rend le second très serré.
A gauche, le socialiste Lionel Jospin pourrait retrouver un siège de député en Haute-Garonne (sud-ouest), avec 44% de voix au premier tour, et le communiste Robert Hue, en ballottage favorable avec 30% dans la banlieue parisienne, pourrait, lui, faire son entrée à l’Assemblée nationale.
Déconfiture en revanche pour Philippe de Villiers, à droite, qui n’est pas élu au premier tour dans son fief de Vendée (ouest), recueillant 47% des voix, son allié électoral, le président du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), Olivier d’Ormesson, étant carrément éliminé — largement — au premier tour dans la banlieue sud de Paris.
Réélections
A l’extrême-droite, le Front national (FN) dont le président Jean-Marie Le Pen n’était pas candidat, et qui obtient un bon score national avec 15,06% des voix, ne pourrait avoir qu’un seul député dans la nouvelle assemblée: Jean-Marie Le Chevalier, maire de Toulon (sud-est) qui a obtenu 32,40% devant la socialiste qui obtient 26,62%. Mais les ballottages de Bruno Mégret et Marie-France Stirbois sont plus difficiles, faute d’alliance avec d’autres candidats.
Le plus déçu, au lendemain de ce premier tour, reste l’ancien président de la République centriste, Valéry Giscard d’Estaing, constamment réélu au premier tour depuis 40 ans, et qui n’a obtenu, dimanche, que 34,64% des voix dans son fief auvergnat devant une candidate écologiste également investie par les socialistes, qui rassemble 29,44% des voix.
Parmi les personnalités de droite qui pourraient être élues ou réélues, les ministres Jacques Toubon (Justice) Hervé de Charette (Affaires étrangères) Charles Millon (Défense), Philippe Douste-Blazy (Culture), le score devrait être serré pour François Bayrou (Education) et Alain Lamassoure (Budget et porte-parole du gouvernement) et encore plus difficile pour les ministres Jean-Louis Debré (Intérieur), Eric Raoult (ville), ainsi que pour de nombreuses femmes des deux premiers gouvernements de Juppé: Anne-Marie Idrac, Elizabeth Hubert, Anne-Marie Couderc.
Parmi les personnalités de gauche qui pourraient être élues au second tour, figurent Martine Aubry dans le Nord, Dominique Strauss-Kahn dans la banlieue nord de Paris, Catherine Trautmann à Strasbourg, Elisabeth Guigou à Avignon (sud-est), Dominique Voynet dans le Jura (est) qui permettrait enfin aux écologistes de faire leur entrée sur les bancs du Palais Bourbon, grâce aux alliances électorales avec les socialistes avant le premier tour.

