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Actualités - Chronologie

Kabila, un révolutionnaire peu sérieux, selon le Che

WASHINGTON, 23 Mai (AFP). — Une nouvelle biographie détaillée de «Che» Guevara montre que le révolutionnaire argentino-cubain n’a jamais pris très au sérieux Laurent-Désiré Kabila rencontré il y a plus de trente ans dans la tourmente post-indépendantiste de l’Afrique.
Une biographie monumentale consacrée au révolutionnaire argentino-cubain, à l’occasion du trentième anniversaire de sa mort, sort aux Etats-Unis, détaillant notamment l’odyssée congolaise d’Ernesto «Che» Guevara.
Intitulée «Che Guevara, une vie révolutionnaire», la biographie de 800 pages écrite par le journaliste américain Jon Lee Anderson a nécessité près de cinq ans de recherches, dont trois passés à Cuba. Là, Anderson à pu avoir accès, grâce à l’aide notamment de la veuve de Guevara, Aleida March, à des documents personnels du «Che» jusqu’ici inédits.
«Che» Guevara vit d’abord en Laurent Kabila, lors de leur première rencontre à Dar es-Salaam en Tanzanie, quelqu’un ayant «parfaitement compris que l’ennemi principal est l’impérialisme américain» mais il ne lui échappa pas que l’homme roulait en Mercédès et préférait plutôt fréquenter les bars que la ligne de front.
Face au «nombre extraordinaire de tendances et d’opinions diverses», des rebelles congolais d’inspiration marxiste, Guevara discerna que Laurent Kabila avait une vision «claire, concrète et ferme» de la situation dans ce qui était alors le Congo belge.
Il lui proposa «immédiatement au nom du gouvernement cubain instructeurs et armement», offre «acceptée avec plaisir» écrit-il.
Mais Guevara, selon le livre d’Anderson, ne fut pas longtemps dupe de l’absence prolongée de Kabila du théâtre des opérations ni de ses mensonges, lorsqu’il affirmait revenir du maquis alors qu’il venait de faire un séjour dans les quartiers chauds des ports du lac Tanganyika.
«Il y a de sérieuses indications que ma présence ne lui fait pas du tout plaisir, observe-t-il. J’ignore si c’est la peur, la jalousie, où s’il est blessé de la méthode que j’ai utilisée» pour venir.

Armée parasite

Kabila, selon le livre, n’avait pas été informé de l’infiltration de Guevara au Congo belge par crainte de fuites pouvant compromettre la sécurité du «Che», bête noire de la CIA.
Les quelque 120 guérilleros cubains du contingent de Guevara tentèrent en vain d’insuffler discipline et esprit révolutionnaire aux forces rebelles désorganisées et souvent rivales.
Après plusieurs mois d’attente, Kabila fit enfin son apparition et sa présence «galvanisa» les troupes. Les rebelles congolais creusèrent frénétiquement des tranchées, construisirent une clinique... pour déposer leurs pelles après le départ de Kabila au bout de cinq jours.
Toujours selon le livre, les instructeurs cubains, blasés, avaient pris des paris sur la durée du séjour de Kabila sur le front.
Le «Che» décrit également dans son journal les rebelles de Kabila comme une «armée parasite» brutalisant les paysans locaux et n’ayant «aucune idée de ce qu’est une arme à feu». «Ils se blessent en jouant avec ou par négligence», écrit-il.
«Gagner une guerre avec de tels soldats est hors de question» relève «Che» Guevara qui doit se résoudre au bout de quelques mois à faire retraite vers la Tanzanie, abandonnant son rêve de révolution panafricaine.
«C’est l’histoire d’un échec», écrivit Guevara dans les premières pages d’un de ses récits relatant sa mission congolaise. Elle dura à peine six mois. Le 25 novembre 1965, trois jours après le départ des Cubains du Congo, les forces de Mobutu prenaient le pouvoir dans le pays qu’ils renommaient deux ans après, Zaïre.
Guevara, l’ex-bras droit de Fidel Castro, fut tué en Bolivie en 1967.
WASHINGTON, 23 Mai (AFP). — Une nouvelle biographie détaillée de «Che» Guevara montre que le révolutionnaire argentino-cubain n’a jamais pris très au sérieux Laurent-Désiré Kabila rencontré il y a plus de trente ans dans la tourmente post-indépendantiste de l’Afrique.Une biographie monumentale consacrée au révolutionnaire argentino-cubain, à l’occasion du trentième anniversaire de sa mort, sort aux Etats-Unis, détaillant notamment l’odyssée congolaise d’Ernesto «Che» Guevara.Intitulée «Che Guevara, une vie révolutionnaire», la biographie de 800 pages écrite par le journaliste américain Jon Lee Anderson a nécessité près de cinq ans de recherches, dont trois passés à Cuba. Là, Anderson à pu avoir accès, grâce à l’aide notamment de la veuve de Guevara, Aleida March, à des documents...