Ce noyau pourrait conférer au satellite un champ magnétique propre, mais aucune certitude ne ressort des mesures effectuées par la sonde, indique un autre travail de scientifiques, après analyse des mêmes données de la sonde Galileo, également publié dans la revue américaine.
Avant l’arrivée de Galileo au voisinage de Jupiter, il y a un an et demi, de la structure interne de ce satellite de 3.138 kilomètres de diamètre, c’est-à-dire légèrement plus petit que la Lune, et le quatrième de Jupiter par la taille, les astronomes connaissaient seulement la densité, 3.018 kilomètre cube (à 35 kilos près), déduite du passage des sondes Pioneer-10 (en 1973), Pioneer-11, Voyager-1 et 2 (en 1979).
Cette densité leur laissait penser qu’Europe pourrait être constitué ou de silicates hydratés recouverts d’une fine couche de glace, ou de silicates déshydratés entourés d’une épaisse couche de glace. La structure interne du satellite, affirme l’équipe conduite par John Anderson, du Jet Propulsion Laboratory (JPL, de la NASA) et de l’Institut de Technologie de Californie (Caltech), à Pasadena, est plus compliquée.
Les chercheurs ont étudié les mesures du champ gravitationnel d’Europe effectuées par Galileo lors de deux de ses «survols» du satellite, les 16 décembre et le 20 février. Europe, affirment-ils, est constituée d’une enveloppe de 100 à 200 kilomètres d’épaisseur composée essentiellement de glace et d’eau, et d’un cœur très dense, peut-être un mélange de roche et de métal (fer seul ou fer et sulfure de fer) ou un noyau de métal entouré d’une couche rocheuse.
La présence d’un champ magnétique constituerait un argument en faveur de la thèse du noyau métallique, mais, de ce point de vue, l’étude des perturbations du plasma jovien enregistrées au voisinage d’Europe ne permet pas de conclure, indique un groupe de chercheurs conduit par Margaret Kivelson, de l’Université de Californie à Los Angeles.
Galileo doit effectuer un dernier survol rapproché d’Europe le 7 novembre.

