«Il n’y a pas de place pour le désespoir», a déclaré le souverain jordanien au cours d’une conférence de presse conjointe avec M. Moubarak dans la station balnéaire jordanienne d’Aqaba, à 350 km au sud d’Amman.
«Les défis doivent susciter chez nous plus de détermination à les surmonter», a-t-il ajouté.
De son côté, M. Moubarak a déclaré qu’il ne fallait «jamais désespérer quand il s’agit de faire tourner la roue de la paix». «Nous sommes d’accord sur le fait que la situation actuelle nécessite une initiative pour relancer les négociations», a-t-il ajouté.
M. Moubarak doit rencontrer mardi à Charm el-Cheikh, en Egypte, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pour tenter de débloquer les négociations avec les Palestiniens, gelées depuis la mise en chantier le 18 mars d’une nouvelle colonie juive à Jérusalem-Est.
La présidence du Conseil à Jérusalem a annoncé plus tôt la visite dimanche de M. Baz en Israël et indiqué que sa première mission, vendredi, avait permis de mesurer la profondeur des divergences et des difficultés de la mise au point d’un ordre du jour du sommet israélo-égyptien, prévu mardi.
La télévision publique israélienne avait affirmé vendredi que les autorités israéliennes envisageaient de ralentir la construction du quartier de colonisation de Har Homa à Jérusalem-Est en vue de relancer les négociations avec les Palestiniens.
Pas de conditions
préalables
M. Moubarak a répondu par la négative à un journaliste qui lui demandait si l’Egypte avait posé des conditions préalables à la reprise des négociations israélo-palestiniennes, à savoir l’arrêt de la construction de la colonie juive à Jérusalem-Est, lors des discussions de M. Baz vendredi en Israël.
«L’Egypte n’a pas posé de pré-conditions et je ne peux rien dire pour le moment sur les contacts avec M. Netanyahu», a-t-il poursuivi.
«Il est difficile de prévoir un succès à cent pour cent de nos efforts», a dit M. Moubarak.
Le roi Hussein a souligné le rôle de «leader» de l’Egypte dans les efforts de paix. «Nous sommes conscients du rôle de leader de l’Egypte et nous soutenons ses efforts pour une paix juste et globale dans la région», a-t-il déclaré.
Les deux dirigeants ont d’autre part réaffirmé leur soutien aux efforts américains pour débloquer le processus de paix. «Personne ne peut renier le rôle des Etats-Unis», a estimé M. Moubarak alors que le roi Hussein a dit espérer «un rôle américain plus actif».
Concernant la convocation éventuelle d’un sommet arabe, M. Moubarak n’a pas jugé «nécessaire pour le moment la tenue d’une telle réunion».
Les deux chefs d’Etat ont indiqué en outre avoir évoqué la coopération économique arabe.
M. Moubarak a déploré l’absence d’un marché économique arabe commun «nécessaire pour stimuler le développement économique des pays de la région».
Le roi Hussein et le président égyptien ont qualifié les relations jordano-égyptiennes «d’exemplaires» et annoncé la tenue prochaine d’une nouvelle session de la Haute commission mixte de coopération bilatérale.
M. Moubarak, qui était accompagné de son premier ministre Kamal al-Ganzouri et du chef de la diplomatie Amr Moussa, a quitté ensuite la Jordanie.

