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Actualités - Chronologie

Jean-Marie le Pen, le politicien le plus contesté de France

PARIS, 22 Mai (AFP). — L’immense majorité de Français rejettent les idées racistes de Jean-Marie Le Pen, mais les 15% d’électeurs qui ont voté pour lui à la présidentielle de 1995 lui donnent l’espoir d’être l’arbitre du duel droite-gauche des législatives des 25 mai et 1er juin.
M. Le Pen, qui a imposé à la hussarde en 25 ans son parti le Front national (extrême-droite) sur la scène politique française, en reste la personnalité la plus contestée, non seulement par ses opposants, mais aussi désormais par une partie de ses troupes.

«S’il y avait dix ou quinze députés FN à la suite du grand élan que nous aussi espérons, nous pourrions peut-être être les arbitres de la situation», a-t-il déclaré, alors que les sondages ne créditent son parti, au mieux, que d’un seul siège à l’issue du second tour, le 1er juin.

M. Le Pen a choisi de ne pas être candidat à un poste de député, prenant le risque d’être mal compris par une base électorale qui n’a jamais réprouvé ses nombreux dérapages verbaux et autres faux-pas sanctionnés par la justice.
Il avait notamment été condamné pour avoir déclaré, en 1987, que les chambres à gaz constituaient un «point de détail» de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, jugement confirmé en appel. A deux reprises, le Parlement européen où il siège depuis 1984 a levé son immunité parlementaire pour qu’il puisse être jugé pour des propos antisémites.
En pleine campagne électorale pour les législatives, il n’a pas hésité à affirmer qu’il préférait une cohabitation avec un président de droite et un gouvernement de gauche, plutôt que «cinq ans de Chirac avec les pleins pouvoirs».

Devant la gêne provoquée dans ses rangs, il a dû nuancer en affirmant qu’il n’y avait pas, à ses yeux, «beaucoup de différence entre la droite et la gauche. Leur politique est nulle. Une différence, c’est qu’à droite la politique est menée par des traîtres et c’est pour cela que je les exècre».
A 68 ans, il a conservé intact son verbe haut et son talent d’orateur, mais ses dérapages ne sont désormais plus contestés par ses seuls opposants.
Bien qu’il soit décidé à conserver sa prééminence à la tête du parti, qui jusque-là lui doit l’essentiel de son succès, et à se présenter à l’élection présidentielle de 2002, la question de sa succession n’est plus taboue.
Pourtant, M. Le Pen avait fait des efforts pour tenter de recentrer son image. Troquant son allure d’ancien officier parachutiste des années 50, héritée de son engagement dans les guerres d’Indochine et d’Algérie, il avait choisi la mise policée d’un notable de la politique, qui se déplace avec chauffeur et garde du corps.
Ses métamorphoses personnelles se confondent avec celles du FN, fondé en octobre 1972, dont il a fait l’un des principaux partis politiques français, crédité aujourd’hui de 15% des intentions de vote.
Candidat à trois reprises à la présidence, M. Le Pen, après avoir obtenu 0,74% des voix à l’élection présidentielle de 1974, n’avait pas pu se présenter en 1981, faute d’un nombre suffisant de parrainages. Ce n’est qu’à la présidentielle de 1988 qu’il se voyait propulsé à l’avant-scène de la vie politique, avec 14,38% des suffrages.
En 1986, il avait réussi à faire élire à la proportionnelle 35 députés FN à l’Assemblée nationale, d’où la droite nationaliste était absente depuis près de 30 ans. Il avait été lui-même le benjamin de la Chambre des députés en 1956, dans les rangs de la droite populiste.
PARIS, 22 Mai (AFP). — L’immense majorité de Français rejettent les idées racistes de Jean-Marie Le Pen, mais les 15% d’électeurs qui ont voté pour lui à la présidentielle de 1995 lui donnent l’espoir d’être l’arbitre du duel droite-gauche des législatives des 25 mai et 1er juin.M. Le Pen, qui a imposé à la hussarde en 25 ans son parti le Front national (extrême-droite) sur la scène politique française, en reste la personnalité la plus contestée, non seulement par ses opposants, mais aussi désormais par une partie de ses troupes.«S’il y avait dix ou quinze députés FN à la suite du grand élan que nous aussi espérons, nous pourrions peut-être être les arbitres de la situation», a-t-il déclaré, alors que les sondages ne créditent son parti, au mieux, que d’un seul siège à l’issue du second...